“ - Tu connais nos vieilles légendes ? Celles sur nos origines, à nous les Indiens Quileute ?
- Pas vraiment.
- Eh bien, disons qu’il existe des tas de mythes, dont certains remonteraient au Déluge. D’après eux, les Quileutes auraient, pour survivre, accroché leurs canoës aux sommets des plus grands arbres des montagnes comme Noé et son arche. (Ton léger, histoire de montrer qu’il n’accordait pas beaucoup d’importance à ces blagues.) Un autre prétend que nous descendons des loups, et que ceux-ci sont nos frères, encore aujourd’hui. Nos lois tribales interdisent d’ailleurs de les tuer. Et puis, ajouta-t-il en baissant un peu la voix, il y a les histoires sur les Sang-froid. […]
- Des buveurs de sang, expliqua-t-il d’une voix glaçante. Ton peuple les appelle vampires." […] (p. 140 -142)

"Vampire[…]
Deux citations agrémentaient la page d’accueil :
Dans le monde vaste et ténébreux des fantômes et démons, aucune créature n’est plus abominable, plus redoutée, plus déteste - avec une fascination mêlée de crainte pourtant - que celle du vampire, qui n’est ni fantôme ni démon mais relève des forces sombres de la nature et possède les qualités mystérieuses et terribles des deux.
Révérend Montague Summers

S’il y a en ce monde une existence avérée, c’est celle des vampires. Rien ne manque : rapports officiels, déclarations sous serments de gens de bonne réputation, chirurgiens, prêtres, magistrats ; la preuve judiciaire est plus complexe. et malgré tout cela, qui croit aux vampires ? Rousseau

   
Le reste du site était une liste alphabétique des différente mythes vampiriques à travers le monde. […]
    Seuls trois exemples retinrent réellement mon attention : le Varacolaci de Roumanie, un puissant mort vivant qui pouvait prendre la forme d’un bel humain pâle, le Nélapsie slovaque, un être si fort et si rapide qu’il était capable de massacrer un village au complet dans l’heure suivant minuit, et un troisième, le Stregoni benefici.
    Ce dernier n’avait droit qu’à une phrase brève : “Stregoni benefici : vampire italien réputé pour sa bonté, ennemi juré des vampires diaboliques.” Cette petite rubrique, la seule, parmi des centaines, à affirmer l’existence de bons vampires fut un soulagement.
    L’un dans l’autre cependant, il y avait peu de choses qui coïncidassent avec les histoires de Jacob et mes propres observations. Je m’étais fait un catalogue mental au fur et à mesure de ma lecture et l’avais scrupuleusement comparé à chaque légende : rapidité, force, beauté, pâleur, yeux qui changeaient de couleur ; les critères de Jacob : buveurs de sang, ennemis de loups-garous, absence de chaleur corporelle, immortalité. Fort rares étaient les mythes qui contenaient au moins un de ces paramètres.
    J’avais par ailleurs un autre petit problème, surgi de mes souvenirs liés aux rares films d’horreur que j’avais vus, ravivés par ce que je lisais - les vampires ne pouvaient sortir en plein jour, car le soleil les consumait aussitôt. Ils dormaient dans des cercueils toute la journée et ne surgissaient qu’à la nuit. […] (p.149-151)

Une nouvelle fois, je listai mentalement mes observations : la vitesse et la puissance incroyable, les yeux passant du noir à l’or pour revenir au noir, l’inhumaine beauté la peau pâle et glaciale. Et aussi - détails qui s’étaient lentement inscrits dans ma mémoire - cette façon qu’ils avaient de ne jamais manger, la grâce dérangeante avec laquelle ils se déplaçaient. Et la manière qu’il avait de parler, parfois, ses phrases et ses cadences qui auraient mieux correspondu à un personnage de roman du début du XIXème siècle qu’à un lycéen d’aujourd’hui. Il avait séché le cours d’identification de nos groupes sanguins. Il n’avait refusé l’invitation à la mer que lorsqu’il avait appris où nous allions. Il paraissait deviner ce que tout le monde autour de lui pensait… sauf moi. Il m’avait confié être un méchant, un être dangereux.
    Se pouvait-il que les Cullen fussent des vampires ?
    En tout cas ils étaient quelque chose. Quelque chose qui dépassait les justifications rationnelles envisageables était en train de se mettre en place devant mes yeux incrédules. Qu’il entrât dans la catégorie des Sang-froid de Jacob ou dans ma propre théorie du super héros, Edward Cullen n’était pas… humain. Il était plus que ça. […](p. 154)

“- Ne rigole pas, mais comment se fait-il que tu sortes en plein jour ? reprise-je.
Il rit quand même
- C’est un mythe.
- Le soleil qui vous réduit en cendres ?
- Mythe.
-Vous dormez dans des cercueils ?
- Mythe… Je ne dors pas, ajoutait-il après une brève hésitation.
    Je mis un temps à digérer cette nouvelle.
- Pas du tout ?
- Jamais. […]
- Tu as oublié le plus important, lança-t-il.
De nouveau, il était tendu et froid.
- Quoi ?
- Mon régime alimentaire, persifla-t-il.
- Oh, ça…
- Oui, ça. Tu n’as pas envie de savoir si je bois du sang ?                                 
Je tressaillis.
- Jacob a dit quelque chose à ce propos.
- Et qu’a dit Jacob ?
- Que vous ne…chassiez plus les humains. Que ta famille n’était pas censée représenter un danger parce qu’elle se nourrissait seulement d’animaux.
- Il a dit que nous n’étions pas dangereux ?
- Pas exactement. Juste que vous n’étiez pas censés l”être. Même si les Quileutes ne veulent pas de vous sur leur territoire, des fois que…
 Il se pencha en avant, mais je ne sus si c’était pour regarder la route ou non.
- Alors il a raison ? insistai-je en tâchant de contrôler ma peur. Vous ne chassez plus les humains?
- Les Quileute ont bonne mémoire, murmura-til.
Je décidai de prendre ça pour une confirmation. […] (p.203-204)

J’étais à peu près certaines de trois choses. Un, Edward était un vampire ; deux, une part de lui - dont j’ignorais la puissance - désirait s’abreuver de mon sang ; et trois, j’étais follement et irrévocablement amoureuse de lui.” (p.213)
Stephenie Meyer, Twilight : Fascination

VAMPIRE : être mythique non-mort et non-vivant qui se nourrit du sang des vivants afin d'en tirer sa force vitale.
Apparu dès le Moyen-Age, souvent rendu responsable de différentes épidémies, il hante la littérature fantastique à partir de la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Après le succès de la nouvelle Le Vampire de Polidori (médecin de Lord Byron),  le sujet se répand de E.T.A. Hoffman jusqu’à Bram Stoker (Dracula) en passant par Gautier (la Morte Amoureuse) ou Maupassant (Le Horla).
Même Baudelaire succombe aux charmantes succubes :

“Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon cœur plaintif es entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
Maudite, maudite sois-tu !

J’ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas ! le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit :
“Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
A ton esclavage maudit,

Imbécile! - de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire !”

Spleen et idéal, XXIX - Le Vampire

La Vampire

"La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu’un serpent sur la braise,
et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
“Moi, j’ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d’un lit l’antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
Le lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d’émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!”
Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d’amour, je ne vis plus
Qu’une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus !
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d’eux-mêmes rendaient le cri d’une girouette
Ou d’une enseigne, au bout d’une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d’hiver.”


Fleurs du mal, LXXXVII - Les métamorphoses du vampire
- Mis en musique par Ferré…

Le cinéma s’empare aussi assez rapidement du mythe depuis Nosferatu (1922) au Dracula de Coppola (1992) - le plus sensuel et romantique à mon goût -  jusqu’aux séries comme True Blood et évidemment la saga Twilight. Tous les styles y sont représentés : de la parodie Le Bal des Vampires (R. Polanski) au burlesque de Mel Brooks, de l’horreur  à l’engagement  d' Entretien avec un vampire : ils séduisent, fascinent et attirent les foules.

En musique, sorti du rock underground cité par Bella, le vampire brille par son absence. Malheureusement si je puis dire… la musique romantique n’a retenu du fantastique que les diables, sorciers, sorcières et autres loups-garous mais pas de vampire. Alors ???

Alors retour aux sources du mythe : dans les plaines d’Europe Centrale, les montagnes des Balkans et des Carpathes, là où vivaient deux des célèbres modèles de vampires : Erzsébet Báthory (La Comtesse - actuellement en salle - hongroise) et Vlad Tepes Dracul, prince de Valachie ; pour s’apercevoir que la musique romantique est submergée par les influences slaves, hongroises et tsiganes. Des Czardàs aux Rhapsodies, ces musiques ont toutes en commun d’être passionnées, tour à tour, mélancoliques et déchirantes ou entraînantes et virevoltantes, profondément tristes parfois violentes presque lunatiques… vampirisantes !

Laissez-vous porter...
- de la plus stylisée : Tchaïkovsky, Le Lac des Cygnes

- virtuose : Monti, Czardas par le déjanté Nigel Kennedy

- au piano : Brahms, Danse Hongroise n°4 (je n’aime pas Brahms… sauf les Danses Hongroises qui n’en sont pas vraiment !)

- folklorique (avec du cymbalum) : Dinicu (arr. Lakatos) et un autre violoniste fou, Vadim Repin

- ou plus actuelle presque teintée de blues : Robby Lakatos et son ensemble

Quelque soit la version je trouve que ces musiques ont une âme, envoûtantes, presque hypnotisantes !

Et vous, are you dazzled ?

Pour en savoir plus : l’article Vampire de Wikipedia ICI et un blog intéressant ICI