"C’est le crépuscule, murmura Edward en examinant l'horizon chargé de nuages. C'est le moment de la journée le plus sûr pour nous. Le plus agréable, le plus triste aussi, en quelque sorte... la fin d’un autre jour, le retour de la nuit. L’obscurité est tellement prévisible, tu ne trouves pas ?
- J’aime la nuit, décrétai-je. Sans elle, nous ne verrions pas les étoiles." p.254

"- C'est le crépuscule, murmura-t-il. Encore une fois, Une autre fin. Aussi parfait qu'ait été le jour, il faut qu'il meure."  p.520

"- Si prête à mourir, murmura-t-il comme pour lui-même. A connaître le crépuscule de ta vie, alors qu'elle a à peine commencé. A tout abandonner.
- Ce n'est pas une mort, c'est une renaissance, chuchotai-je." p.522 - Stephenie Meyer, Twilight - tome 1, Fascination.

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Photo : Sirènemélusine

Le crépuscule, ce moment de la journée qui suit, et que l'on confond souvent avec, le coucher du soleil, est, dans l'imaginaire collectif, un moment infiniment triste et parfois même un peu effrayant. Dans le même temps il reste l'un des plus beaux. C'est une sorte d'instant magique où, comme le chante Brel, "quand le ciel flamboie, le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas"

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C'est sans doute la raison pour laquelle il a tant inspiré les poètes de Victor Hugo à Appollinaire en passant par Baudelaire ou même Verlaine dont une partie de l'œuvre baigne dans une atmosphère crépusculaire. Mais c'est  Harmonie du soir, extrait des Fleurs du Mal, qui m'a toujours semblé le plus proche de cette indicible mélancolie qui se dégage du crépuscule,  probablement à cause de ces rimes en "oir" et de sa forme en pantoum (vrai ou faux suivant les définitions et les écoles). N'hésitez pas à le déclamer pour qu'il prenne toute sa splendeur ! :)

"Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. 

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !"

Ce poème a été mis en musique par Debussy mais ce n'est pas ma mélodie préférée. Par contre il est magnifiquement illustré par le Prélude du même au titre évocateur et directement tiré du poème Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir.

Et pour que ce crépuscule prenne une autre dimension,  deux des peintres préférés du musicien :

J.A.M. Whistler, Nocturne en bleu et or sur la Lagune de Venise

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et C. Monet, Soleil couchant sur la Seine, effet d'hiver

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