Résumé livraddict :
"Les Premiers jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d'apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d'Angband. Les elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toutes les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l'Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore."

Tolkien-Silmarillion

 Avant toute chose, il convient de préciser que le Silmarillion est un ensemble de textes que Tolkien a remanié pendant près de cinquante ans et que la mise en forme imprimée est celle effectuée par son fils d'après ses notes. Il comporte donc 4 parties distinctes le Quenta Silmarillion (ou l'Histoire des Silmarils) précédé par Ainulindalë et Valaquenta étroitement liés au Silmarillion, et complété par deux textes distincts Akallabêth et Les Anneaux de Pouvoir.

Ainulindalë raconte la création du monde par Ilúvatar à partir de la Grande Musique, idée que j'adore  vous l'imaginez sans peine), et qui tel que le texte est écrit me renvoie presque automatiquement  à la Symphonie n°1 de Mahler - peut-être un peu loin de la musique des Sphères mais qui suit incroyablement bien  ces quelques pages. Je me demande d'ailleurs si Tolkien connaissait cette œuvre…

Valaquenta conte l'histoire des Valar et des Maiar, les Premiers-Nés d'Ilúvatar, et permet ainsi de situer le rôle de chacun au commencement des jours.
Le Quenta Silmarillion pourrait aussi s'appeler histoire des Elfes depuis leur apparition sur Arda (la Terre) alors qu'Akallabêth et Les Anneaux de Pouvoir expliquent leur déchéance et leur disparition du monde des Hommes.

Ces textes sont d'une incroyable richesse que je redécouvre à chaque nouvelle lecture. Ils sont la Genèse des Terres du Milieu avec tout ce qui va avec : on peut y retrouver des idées de presque tous les textes et mythes fondateurs re-créé dans un univers complexe et original. Le ton employé est celui des grandes légendes bibliques, homériques etc Et l'on plonge dans cette Histoire (oui avec un grand H) comme si elle était réellement nôtre.
Le style de Tolkien moins épique que dans Le Seigneur des Anneaux demeure cependant flamboyant. Et les batailles résonnent du fond des Âges avec des héros aussi forts, aussi beaux que les guerriers grecs ou celtes, le chant de Lúthien emplit encore les forêts alors que les larmes de Niënor coulent de nos yeux. Quand aux décors ils n'ont rien à envier aux jardins de Babylone ou aux palais des Mille-et-une-nuits. Le tout foisonne  de multitudes de détails qui donnent un air de vérité à chaque exploit, chaque histoire, chaque amour…

C'est donc une lecture extrêmement riche mais aussi relativement complexe, non par l'écriture qui est d'une telle beauté que les phrases coulent toutes seules, mais par la foule de personnages qui interviennent sur ces quelques centaines d'années racontées, ayant en prime souvent plusieurs noms qui peuvent paraître difficiles à retenir. J'avoue m'être aidée à plusieurs reprises des annexes ajoutés par Tolkien fils pour savoir qui était qui. Malgré cela, les efforts sont vite récompensés tant les histoires sont prenantes, les personnages fouillés, les décors enchanteurs et la force du récit ne retombe jamais.

Vous avez donc compris qu'encore une fois j'ai succombé à la magie de l'univers de Tolkien et je vais continuer à le relire pour en savoir toujours plus, en particulier sur les Âges qui précèdent la guerre de l'Anneau ainsi que sur les références et les réflexions philosophiques de l'auteur.

Cette chronique prend place dans le cadre de la lecture commune initiée par Plumeline sur Livraddict. Les avis de mes co-lecteurs :  Fleurdusoleil, Karline, Sollyne, Vashta Nerada