4e de couverture - éd. France Loisirs -
"Jusqu'à ce que Richard Cypher sauve cette belle inconnue des griffes de ses poursuivants, il vivait paisiblement dans la forêt. Elle ne consent à lui dire que son nom : Kahlan. Mais lui sait déjà, au premier regard, qu'il ne pourra plus la quitter. Car désormais le danger rôde en Hartland. Des créatures monstrueuses suivent les pas de l'étrangère. Seul Zedd, son ami le vieil ermite, peut lui venir en aide… en bouleversant son destin. Richard devra porter l'Epée de vérité et s'opposer aux forces de Darken Rahl, le mage dictateur.
Ainsi commence une extraordinaire quête à travers les ténéèbres. Au nom de l'amour. A n'importe quel prix."

Goodkind-epee1

Difficile de parler de ce livre tant j'en ressors mitigée en raison d'une multitude de petites choses qu'il va m'être bien difficile d'exprimer clairement.

On pourrait en dire ceci :
"1. Un univers très riche et bien documenté. Rien n'est laissé au hasard.
2. Des descriptions pas trop longues : le dialogue est privilégié
3. De l'action qui vient vite. Goodkind prend le temps de poser son milieu, ses personnages mais on rentre vite dans l'action
4. Des scènes assez choquantes et moralement douteuses : Cela s'intègre bien dans le monde de Goodkind (viols lors des massacres,...) mais ça n'en reste pas moins TRES difficile à lire.
5. Des personnages très attachants. Goodkind a bien détaillé les personnalités de chacun, ils ne sont pas superficiels, au contraire. Les relations entre les persos sont également bien fouillées." qui est l'avis résumé de Jess sur Livraddict. Mais justement ce qu' elle met en avant comme des qualités sont pour moi bien loin d'avoir existé... quand ce ne sont pas de véritables défauts. Donc je reprends point par point.

L'univers créé semble tout droit sorti d'une compilation de contes de fées : des monstres plus vrais que nature et qui mangent les humains, des sorciers ou sorcières cachés aux fonds des bois, une enchanteresse avec un palais digne des Mille et une nuits, une méchante reine pire que toutes les marâtres réunies, un Homme Oiseau (ça me rappelle le Papageno de la Flûte enchantée de Mozart), une petite fille avec une poupée qui parle, un tyran tellement méchant qu'on se demande bien comment il a pu devenir ainsi et même un horrible dragon rouge qui se révèle être une adorable bestiole. En clair, trop c'est trop  et l'ensemble a un air de fourre-tout.
 D'autant plus que cet univers est  fort peu décrit. Chaque paysage doit se contenter de deux ou trois phrases, précises il est vrai, mais insuffisantes pour donner une véritable idée du décor et encore moins de l'impression qu'ils dégagent. A mon goût, ces descriptions sont trop courtes (ou mal faites :S) et le fait de privilégier les dialogues m'a vite ennuyée en me donnant une sensation de facilité dans le récit.
 Celle-ci ne disparaît pas avec l'action : tout va vite, très vite, TROP vite. A peine une action terminée que nous repartons dans une espèce d'urgence assez incompréhensible parce que le temps est mal compté. Et de jour en nuit nous n'avons aucune idée des semaines écoulées ou non entre les différents épisodes. Quand à l'intrigue elle-même, elle est cousue de fil blanc, de déjà-vu remis à la sauce du jour et coupée de scènes violentes et malsaines (viol d'enfant, dressage sado-masochiste) totalement inutiles et très mal intégrées. Je ne dis pas qu'il faut édulcorer (la guerre est ce qu'elle est, aussi horrible soit-elle !) mais au moins que ce soit justifié un peu plus que cela.
Enfin les personnages sont dramatiquement caricaturaux , et hormis Zedd dont l'appétit et les réparties m'ont fait rire, je n'ai pas réussi à m'y attacher. Richard - le héros quand même - est d'une naïveté incroyable et se fait prendre à toutes les illusions et les pièges possibles ; d'accord il ne connaît rien du monde où il s'en va, ni de la magie et ses pouvoirs mais il n'évolue pas du tout et ne semble rêver qu'à une chose : rentrer chez lui avec sa belle et oublier tout ça. Khalan qui est donc Inquisitrice, porte le poids du monde sur ses épaules mais songe presque plus à ses problèmes personnels - d'ailleurs sa fonction est très ambiguë et peut laisser mal à l' aise - . Quand à Darken Rahl, lui ferait vraiment peur si il n'était pas aussi pathétique. Il n'y a vraiment que les personnages secondaires - Zedd donc, Chase, Adie ou même l'enchanteresse - qui m'ont ravie. J'ajouterai que les sentiments bien que décrits ne sont pas ressentis ; je n'ai pas tremblé, pas souffert, pas aimé avec eux…
Je terminerai avec  la magie de l'Epée qui est liée aux émotions et sentiments de Richard : j'avoue avoir trouvé un peu tordue cette idée que la colère ou la pitié entraîne la magie, comme si celle-ci ne se suffisait pas à elle-même.

Au final, une lecture plaisante mais presque trop facile, qui m'a d'autant plus déçue que, partie pour 11 tomes, je ne m'attendais pas à ce que la quête soit terminée au bout du premier. Cela m'arrange quand même car face aux nombreux défauts, et au manque de souffle et d'élan que j'ai trouvé dans ce livre, je ne me presserai pas pour lire la suite.

fantasy_challenge
9/20