4e de couverture - éd. Bragelonne
"J'ai libéré des princesses. J'ai incendié la ville de Trebon. J'ai suivi les pistes au clair de lune que personne n'ose évoquer durant le jour. J'ai conversé avec les dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J'ai été exclu de l'Université à un âge où l'on est encore trop jeune pour y entrer. J'y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires. Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi.

Un homme prêt à mourir raconte sa propre vie, celle du plus grand magicien de tous les temps. Son enfance, dans une troupe de comédiens ambulants, ses années de misère dans une ville rongée par le crime, avant son entrée, à force de courage et d'audace, dans une prestigieuse école de magie où l'attendent de terribles dangers et de fabuleux secrets...
Découvrez l'extraordinaire destin de Kvothe : magicien de génie, voleur accompli, musicien d'exception... infâme assassin.
Découvrez la vérité qui a créé la légende."

Rothfuss-nomDuVent

C'est la troisième année que ce livre est dans le Baby Challenge Fantasy ET le Big Challenge de Livraddict, mais il a fallu que le mot ROI sorte sur le challenge de Calypso pour que je me décide à l'emprunter. Pourtant la quatrième de couverture est plus qu'alléchante puisqu'on y parle de princesses, de magie, de musique et de vent. La couverture aussi est superbe bien que de composition très classique et je la trouve fort évocatrice. Seulement voilà, quelque chose me retenait de me lancer, et même si j'ai trouvé cette découverte agréable, il semble qu'au final mon instinct avait raison.

L'histoire : Il vaut mieux ne pas trop se fier au résumé car celui-ci couvre toute la saga alors que ce livre ne raconte que l'enfance et les débuts à l'Université de Kvothe. On passe donc en revue (et en détails) son enfance de comédien dans la troupe de ses parents, le début de son apprentissage avec un vieil homme qui les suit un moment, ses différentes mésaventures avant d'arriver à l'Université puis dans celle-ci ainsi que ses premiers émois amoureux et sa rivalité avec d'autres étudiants. Et si il y est bien question un peu de magie, pas mal de musique, le tout est loin d'être aussi épique que je l'aurais souhaité, surtout que chaque partie s'étire indéfiniment.

L'univers : J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'intrigue, car l'auteur nous plonge dès le départ dans le quotidien de Kvothe l'aubergiste, avant qu'il ne commence à raconter son histoire. Et immédiatement, intervient LE mystère (qui bien entendu ne sera pas résolu dans ce tome) puis avec l'enfance de Kvothe arrive l'Histoire du pays avec beaucoup de noms bizarres, des mélanges entre le quotidien et la religion, tout un univers complexe mais qui manque de bases et d'explications.  L'arrivée à l'Université ne m'a que peu aidée puisque les différentes matières sont aussi obscures et, que nous les découvrons fort peu, Kvothe semblant déjà  tout connaître. J'en ai retenu qu'en guise de magie, nous sommes plus proches de la chimie ou de principes physiques avancés que de pouvoirs et de merveilleux.
D'ailleurs cela m'a fortement interpellée car le monde dans lequel évolue Kvothe semble osciller entre une société médiévale plutôt obscurantiste et une élite qui pourrait correspondre à notre siècle des Lumières ; j'ai trouvé que cela manquait énormément de cohérence.
A l'inverse, certains passages sont d'une telle facilité que c'en est presque grotesque - ainsi la scène avec le dragon ou l'incendie de Trebon qui tranchent avec le reste de façon assez abrupte (voilà qui m'a d'ailleurs rappelé L'Epée de Vérité).

Les personnages : une chose m'a frappée c'est l'omniprésence de Kvothe, le héros. Bien sûr il est le narrateur ; mais, alors que dans les passages à l'auberge, il semble être un homme d'un certain âge et faisant plutôt preuve de sagesse, lorsqu'il raconte son histoire, le "je" est empreint d'une fatuité que j'ai vite trouvée insuppportable, sans parler de l'assurance et de l'insolence dont il fait souvent preuve. Il a clairement tendance à se conduire comme si tout lui était dû et manque étrangement de maturité vu ce qu'il a vécu. De plus, cette façon de conter ses souvenirs forme un décalage énorme qui m'a gênée, non dans ma lecture mais dans mon ressenti.
Les personnages secondaires qui m'ont le plus plu sont ceux dont on ne sait presque rien : Bast, le compagnon actuel ; ces deux camarades de l'université ainsi que la jeune fille qui vit dans le noir. Les professeurs m'ont laissé indifférente et Dena m'a juste amusée et plus souvent agacée.

Au niveau du style, beaucoup font référence au talent de conteur de Patrick Rothfuss. Je dois admettre que c'est fort bien écrit et construit. Malheureusement, je n'ai que très rarement été emportée ou touchée par son écriture  qui m'a semblé lisse et froide, avec de nombreux passages traînant en longueur. Sans aller jusqu'à m'ennuyer, je n'ai pas du tout adhéré à cette façon d'écrire.
Deux mots sur la musique et les chansons qui émaillent ce roman : les textes, souvent à plusieurs sens, ne sonnent pas très bien en français et manquent souvent de souffle poétique (je suppose que la traduction y est pour quelque chose car les sujets sont intéressants). Quand à la version ménestrel avec son luth, que vous dire ? Si ce n'est que j'en ai écouté suffisamment pour décrire ce genre de musique comme parfois jolie mais le plus souvent monotone voire carrément lassante et vraiment très, très rarement aussi passionnée et émouvante que l'auteur veut le laisser croire. Pour une fois, je crois que mes références m'ont plus que desservie.

Pour résumer, je pense que ce livre est bien fait et sans doute intéressant, mais à l'instar de L'Assassin Royal, il ne m'a pas convaincue du tout. J'en ai tout simplement conclu que cette branche de la fantasy me plaît moins même si je comprends tout à fait l'enthousiasme qu'elle peut provoquer.

fantasy2013

8/20

bigchallenge2013

6/20

14e session - mot "ROI" challenge1motDtitre