A l'automne dernier, j'ai participé pour m'amuser aux YA's battle qui consistait à élire son héros et héroïne préférés dans la littérature jeunesse.
Il se trouve par le plus grand des hasards que j'ai voté pour les gagnants (je peux avouer, maintenant que c'est fini, que j'étais loin de connaître tous ceux qui étaient nommés) : Harry Potter et Ellana !
Le hasard étant souvent gentil avec moi sur la blogosphère, ces votes m'ont aussi permis de gagner un livre au choix et…………  dans ce choix se trouvait une édition limitée du tome 2 du Pacte des Marchombres : l'Envol, inclus des commentaires de Pierre Bottero lui-même sur son texte.
Vous ne pouvez imaginer ma joie quand il est arrivé à la maison.
J'ai déjà lu deux fois Le Pacte des Marchombres en deux ans et à chaque fois je me suis prise une grande claque au point d'être incapable de trouver les mots pour vous dire ce que j'ai ressenti.

Alors avant de vous donner un avis qui sera de toute façon en-dessous de ce que je voudrais, je vous offre quelques citations de Pierre parlant de son métier d'écrivain :

PBotteroPour en savoir plus, cliquez sur la photo

 A propos de la construction d'un roman de fantasy
"Très vite deux réponses s'imposent.
Ecriture et imagination.
Ecriture. Travail sur la forme, Lisser ses phrases pour qu'elles caressent, les affûter pour qu'elles tranchent, les effiler pour qu'elles percent, les vriller pour qu'elles crochètent. Faire des ses phrases une panoplie d'outils destinés à un seul but : sculpter l'émotion.
L'émotion est le vaisseau sur lequel voyage le lecteur. Un vaisseau qui navigue avec la même aisance entre les pages d'un livre, sur les accords d'une symphonie ou les dégradés d'une peinture.
Joli mais cela ne suffit pas. Embarquer est certes nécessaire encore faut-il avoir un endroit où débarquer.
Imagination. Travail sur le fond. L'auteur ne peut donner accès à son monde que si ce monde existe déjà dans sa tête. Curieuse idée que celle d'être habité par un monde[…]"

Et un peu plus loin, il explique comment lui-même va trouver ce "monde trop complexe pour une tête trop petite" avec un premier moyen qui est de "lâcher prise"
"Etrange culbute qui place l'auteur à l'intérieur de lui-même.
Je n'écris plus, je ressens. Je ne réfléchis plus, j'éprouve. Je ne construis plus, je vis.
Je ne tire aucune gloire de ces plongeons vers mon "dedans". Aucune honte non plus. Je plonge et lorsque je remonte à la surface, je ramène parfois avec moi des trouvailles qui me font jubiler puisqu'elles correspondent exactement à ce que je voulais écrire." pp. X à XII.

* * * * *

Une expression clé dans ma vie de lectrice : sculpter l'émotion.
Lorsque je prends un roman, j'attends d'y vivre, de m'y immerger, d'y vibrer à l'unisson de la plume de l'auteur, c'est pourquoi je dis souvent qu'une bonne histoire mal écrite ne m'intéressera pas. Et je préfère largement "détester" un livre qui m'aura procuré des émotions négatives que rester indifférente et totalement extérieure à ce qui s'y passe, aussi bien fait soit-il.

Vous avez ainsi la clé de mes coups de cœur et je reviendrai certainement sur les commentaires de Pierre Bottero un autre jour.

Crédit photo et citation - éditions Rageot