4e de couverture - éd. Pocket -
"La Rome du 1er siècle est sauvage. Des banquets aux orgies, des jeux du cirque aux complots potilitques, la capitale de l'Empire sombre dans une frénésie e plaisir et de violence. Thea, jeune escalve du'un arrogante aristocrate, va bientôt devenir la femme la plus inflente de la cité. Belle et intelligente, elle fera tout pour préserver son amour pour Arius le Barbare, gladiateur et idole du peuple. Quitte à défier l'Empereur, qui s'est promis d'en faire sa maîtresse…"

maitresseRome

Suite à l'avis dithyrambique de Cajou et aux nombreux autres éloges de ce livre sur la blogosphère, je l'avais inscrit à mon challenge ABC (pas toujours facile de trouver un auteur en Q qui me tente) ; et c' est aussi chez Cajou - que je remercie encore une fois - que j'ai eu la chance de gagner la version poche en juin dernier. Poussée par la curiosité, il est presque aussitôt passer sur le dessus de la pile. Seulement voilà, à espérer beaucoup d'un livre, on en sort presqu'automatiquement déçue et c'est ce qui s'est passé.

Petite revue de détails :

- L'Histoire et l'histoire : quand on m'annonce un roman historique, mes attentes sont nombreuses à commencer par un cadre cohérent. Et là rien à dire, ce livre est parfaitement documenté, les jeux commes les orgies décrits avec précision malgré quelques ajouts peu vraisemblables (à vouloir en faire trop… ) et même le peu de politique entrevue de ce premier siècle tient la route. Mais dans ce cadre, ce qui rend le saut dans le temps crédible (et ce que je cherche à lire) est les petits détails, un passage dans la vie quotidienne et là, j'ai été frustrée car sorti des jeux, des soirées et des dîners d'apparat, le quotidien que ce soit de Rome ou des personnages est réduit à peau de chagrin (alors qu'il y a force longueurs sur d'autres choses pas plus utiles). Enfin troisième chose, j'aime quand l'Histoire interfère directement sur l'histoire et, hormis dans la dernière partie (et un point en cours de route), ce n'est tout simplement pas le cas. Il m'a manqué le côté politique ou financier ou guerrier… bref historique de la chose.
Car non ceci c'est pas un roman historique mais une romance historique ; chose qui m'était sortie de la tête quand j'ai commencé ma lecture et qui pourtant m'aurait évité bien des moments d'ennui. Car tout part de là, Thea, jeune esclave d'une non moins jeune maîtresse, Lepida Pollia, est remarquée et préférée à celle-ci par Arius le Barbare, gladiateur adulé de Rome. Lorsque Lepida l'apprend, elle revend son esclave à un bordel. Commence alors les nombreuses péripéties de Thea - qui l'amèneront à être la Maîtresse de Rome - J'ai vraiment apprécié toute la première partie qui voit naître l'histoire entre Thea et Arius, ainsi que l'évolution de celui-ci, mais les suivantes m'ont paru bien longues à comparaison ; pleine de circonvolutions, de croisements de différents destins sans réel schéma directeur et même si elles s'avèrent utiles pour le dénouement, je me suis un peu ennuyée. Heureusement, l'intérêt remonte dans la 5e partie (enfin juste avant mais je n'ai pas vraiment été surprise par le rebondissement de la fin de la 4e) ; et puis il y a les personnages.

- Les personnages :
Bien que le titre soit au singulier, l'histoire est à deux voix ; celle de Thea d'abord que j'ai trouvé un peu falotte et surtout très fataliste. Certes c'est une esclave et elle n'a pas grand-chose à dire mais elle semble subir les coups du sort comme si de rien n'était - sauf quand il s'agit d'Arius (mais les passages où ils sont ensemble sont fort peu nombreux). Il m'a donc manqué lorsqu'elle parlait, des réactions, des pensées ou des émotions. D'un autre côté, nous avons le point de vue de Lepida - odieuse, arrogante, capricieuse et sans aucune moralité que son bon plaisir - elle est détestable mais sans elle, le roman serait terriblement plat. Pour le coup, des réactions et des émotions, elle en a, de manière excessive et souvent négative en fait. C'est vraiment l'affrontement entre les deux femmes qui font le sel de l'histoire.
Du côté des personnages masculins, Arius m'a laissée totalement indifférente ; Paulinus m'est apparu bien faible, seul Marcus avec son calme, sa droiture et son amour paternel m'a plu. Quand à l'Empereur Domitien, il est à la fois exécrable dans le privé, paranoïaque, cruel et lunatique… mais un excellent administrateur qui ouvre un âge d'or de stabilité pour Rome (ce qu'on ne voit que trop peu dans ce livre).
Mais dans l'ensemble, je n'ai pas réussi à m'attacher réellement à aucun d'eux ni à vibrer à l'unisson de leurs vies. Car même si ce roman se veut passionnel, il est conté de telle manière que je suis restée totalement extérieure à l'histoire sans ressentir aucune émotion (si ce n'est du dégoût par rapport à certaines pratiques fort judicieusement juste suggérées de l'Empereur).

Peut-être cela vient-il du curieux choix de narration qui alterne des passages à la première personne (Thea ou Lepida) avec d'autres où le narrateur est omniscient ; ou du style très facile de l'auteur, plus visuel que littéraire ; à moins que ce ne soit tout simplement cette histoire cousue de fil blanc et sans grande surprise au final qui ne m'a pas vraiment passionnée.

Pour résumer, ce roman, bien que très bien ficelé, reste une sorte de péplum "à l'américaine" avec beaucoup de clichés et une gentille romance malgré la cruauté et la crudité de certains passages. Les pages se tournent toutes seules mais à la fin il n'en reste pas grand chose.
J'ai apprécié l'ensemble mais il m'a manqué beaucoup trop d'éléments pour que je dise l'avoir réellement aimé. Sans doute en attendais-je trop !

Lu dans le cadre d'une lecture commune Livraddict lancée par Kalea - son avis - avec la participation de - Paikanne   - Petitepom - Agnah  - Madame-C-et-ses-bouquins

Lettre Q du challenge ABC 2013ABC-2013