4e de couverture - éd. du Chat Noir
« Le temps n’est rien…
Il est des histoires qui traversent les siècles… »
"Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.

Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.
Peu à peu, elle perd pied…
Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?!"

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Voilà un roman qui m'a intriguée dès son apparition sur la blogosphère littéraire : un titre évocateur, une couverture magnifique - au passage elle est l'œuvre de l'auteur qui est aussi illustratrice - , un résumé fort… et la promesse par les lectrices de la première heure d'une belle histoire d'amour. Il a pourtant fallu une rencontre entre livraddictiennes et Georgia Caldera - qui me l'a gentiment dédicacé - pour qu'il rejoigne ma bibliothèque. Lu en début d'année, je vous livre ma chronique cette semaine en l'honneur de la rééditions de ce tome 1 chez J'ai lu - en attendant la suite :)

L'histoire :
Cornélia, 19 ans, tente de se suicider en se jetant d'un pont.  Elle entend dans sa tête une voix d'homme qui ne cesse de la harceler, la traite de cinglée, lui dit qu'elle ne manquera à personne, qu'elle est transparente… Alors qu'elle plonge, elle aperçoit juste avant l'impact le visage d'un homme terrifiant, au sourire cruel.
À son réveil, elle est désorientée et découvre que quelqu'un l'a sauvée. Quand à son père, il totalement change de comportement, et inquiet,  s'excuse et lui annonce que dorénavant ils habiteront dans le manoir de ses grands-parents à Rougemont. C'est là que vit Henry de Maltombes, étrange et fascinant propriétaire d' un château à l'allure gothique, l'un comme l'autre attire Cornélia irrésistiblement.
Alors que tout semble aller mieux pour elle, les hallucinations reprennent de plus en plus fortes et effrayantes …

Peu à peu, l'auteur va nous plonger dans une histoire parallèle, jonglant sur deux périodes différentes, mêlant songes et réalité avec une telle habileté que, comme Cornélia, il nous est parfois difficile de démêler le vrai du faux, le réel du cauchemar, l'ancien de l'actuel. Et j'ai plus qu'apprécié qu'elle joue ainsi avec les codes du fantastique tel qu'on les trouvait au XIXe siècle.
A cela s'ajoute, les clins d'œil aux romans noirs, aux films gothiques avec des scènes d'horreur assez sanglantes, car les créatures de ce roman ne sont pas des gentils qui brillent au soleil (vous voyez de qui je parle) et l'auteur parvient à nous donner un vrai sentiment de malaise à plusieurs reprises.

Pourtant, je l'avoue ce n'était pas gagné : d'emblée, je n'ai pas accroché avec le personnage de Cornélia "pauvre petite fille" de 19 ans qui semble incapable de prendre sa vie en main malgré la trop grande autonomie qui lui ait laissée. Certes elle a des circonstances atténuantes puisque sa mère a disparu tragiquement, son père ne s'intéresse guère à elle que pour la rabaisser … Mais bon, j'ai commencé par avoir envie de la secouer sérieusement. Et pas qu'au début, puisque son humeur très changeante, voire ses caprices m'ont bien agacés plus loin dans l'histoire. Mais il faut avouer que Georgia Caldera rend toutes ses émotions de manière très crédible et vivante.
Heureusement, il y a le mystère Henry de Maltombes ! qui est-il vraiment ? quel lien a-t-il avec Cornélia, avec ses parents ou avec l'homme qui la harcèle ? Toutes ces questions trouvent en partie des réponses au cours de ce premier tome mais par petites touches, comme des pièces de puzzle - et celui-ci est loin d'être complet lorsqu'on referme le livre. Et là encore, l'auteur réussit à nous rendre Henry aussi inquiétant qu'attirant.

Car outre la construction entre passé et présent signalée au-dessus, une des forces de ce livre est le style de Georgia Caldera. Je l'ai trouvé à la fois très fort au niveau des sentiments et des descriptions mais avec beaucoup de finesse aussi pour rendre la moindre émotion, le moindre changement de lumière ; le tout avec un phrasé classique presque intemporel qui m'a totalement emporté.

Au final, voilà un roman romantique et fantastique comme je les aime, qui peut donner par endroits quelques airs de déjà vu mais parvient à garder son originalité et une bonne dose de modernité. J'ai adoré et le conseille sans modération (ou presque), et je ne suis pas la seule puisqu'il a reçu le prix Merlin 2012.

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Lettre C

ABCI-2013

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