"L'Explosion a une matière, une matière unique qui est son, qui est le son. L'Explosion joue, elle joue une musique, une musique sur un instrument au potentiel infini, qui est l'air. L'air existe au seuil de la Porte sous forme de cordes, de cordes d'air dense qui vibrent sur une hauteur incalculable. Le son qui sort de la Porte crée tout. Il crée le monde sur lequel nous marchons, ce qui est posé sur ce monde, ce qui s'y déplace et y vit. Le vent est une forme du son, peut-être la plus linéaire et la mieux modulée, quoique pas la seule. La pluie est aussi une forme du son. Les étoiles et les nuages, et les couleurs, chaque animal qui avance en silence, chaque végétal qui pousse en stridulant, chaque pierre qui babille au-delà de l'audible, sont une forme du son. L'Explosion ne détruit rien, elle enfante. Elle accouche les sons. Les sons partent et se posent, partent et pollinisent, partent et finissent dans un cri rond, au creux d'une mains qui est oreille. Appelez-les graines.[…]
Au-dessus de vos têtes brillent les constellassons. Les vents filent une symphonie inaudible. Tout explose.
Et tout crie."
Alain Damasio, La Horde du Contrevent - p.469 éd. Folio-SF

J'aime l'idée que le monde soit créé par le son. Puisque le son n'est rien d'autre que de l'air qui vibre et que sans air rien ne vit sur cette Terre, quoi de plus logique de se dire que la matière n'est qu'une forme de son ?
Cela me rappelle aussi la musique des Ainurs de Tolkien dans Ainulindalë, première partie du Silmarillion. Mais là où l'un parle d'une musique inimaginable pour les oreilles humaines, l'autre nous plonge dans le son brut : de l'air, rien que de l'air … et du vent  pendant toute l'histoire.

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Source - La Boite Verte

Alors j'aurais pu vous faire écouter le vent dans les arbres, une brise au bord de mer ou une tempête de sable (pour cela je vous renvoie par ICI - vous aurez le choix). Mais comme La Horde du Contrevent est accompagné d'un album écrit spécialement. En voici un extrait (sans texte) :

Quand à moi, ma lecture (pour la première moitié) a été accompagné de réminiscences de Préludes de Debussy aux titres évocateurs que j'ai envie de partager avec vous : Voiles, Le vent dans la plaine et Ce qu'a vu le vent d'Ouest ; ou comment rendre le vent sur un instrument à cordes.