4e de couverture - éd. J'ai Lu -
"« Les réminiscences n’étaient que le commencement… »
Le voile a été levé sur les étranges rêves de Cornélia mais elle est plus que jamais en danger. Pourtant, la seule prudence n’est pas ce qui la pousse à rester auprès de Henri. Progressivement, leurs liens se renforcent bien que l’ombre du passé plane sur leur relation…
Pire encore, pour assurer leur protection contre Avoriel, ils doivent retourner à Reddening House où Cornélia a été témoin des horreurs que peuvent commettre ses habitants. Déjà angoissée, la jeune femme se noie de plus en plus dans de bien surprenantes visions…"

LarmesRouges2

Il y a des livres dont on attend la sortie avec une certaine impatience, avant d'attendre patiemment d'avoir le temps de le lire au calme pour mieux le savourer. Ce 2e tome des Larmes Rouges - avis tome 1 - fait partie de ceux-là et il faut dire que lorsqu'on a commencé à voir fleurir les premiers avis, les premières dédicaces, l'envie est devenue de plus en plus forte. Ceci pour dire que j'espérais énormément de cette lecture. Mais je l'ai beaucoup moins aimé que le premier.

Il y a des livres qui, pour être appréciés, ont besoin qu'on s'attache plus ou moins à leurs personnages. Il y en a d'autres dans lesquel on voudrait voir une réelle avancée dans l'histoire ; et parfois même qu'ils se démarquent des précédents. C'est en général ce que j'attends d'un tome 2 et que je n'ai pas eu ici.

Les personnages : Cornélia n'est plus la jeune fille fragile et totalement déprimée du début. Elle a découvert la vérité sur ce qu'elle est, commence à connaître ses pouvoirs (et à les utiliser) mais cela fait encore plus ressortir son caractère versatile et capricieux d'adolescente en rébellion (et pas rebelle du tout au final). Du coup, elle est juste insupportable avec sa curiosité mal placée et ses réactions souvent exagérées ; sans parler du fait qu'elle choisit systématiquement l'option la pire possible.
Mais j'avoue que par moments je la comprenais tant j'ai trouvé que son compagnon n'était pas mieux loti.
Henri n'a pour moi dans ce tome plus rien d'attirant. Il est LE prince des vampires et en tant que tel se montre arrogant, autoritaire, dominateur, possessif et en prime terriblement jaloux. Il semble que cela lui donne aussi le droit de dicter sa conduite à Cornélia, sans toujours lui donner les raisons de ses interdits autre que "c'est pour ton bien" (ou alors j'ai loupé un épisode) ; ce qui face à une jeune adulte de 20 ans est loin d'être suffisant. Je n'ai d'ailleurs pas compris ce refus d'expliquer les risques de l'utilisation de ses pouvoirs ou le comment des entraînements, ni son entêtement d'ailleurs. Visiblement la communication n'est pas son truc, contrairement au chantage O_O

Du coup, leur relation, qui forme l'intrigue principale, tourne au "Je t'aime, moi non plus", à "mon désir est plus fort que tout mais je le déteste". Cornélia se pose beaucoup de questions, tout ce qu'il y a de plus logique au vu de comment la traite Henri mais y revient toujours. Leur liaison semble alors plutôt malsaine, très déséquilibrée et à la limite d'un syndrome de Stockolm. Quand aux secrets que Cornélia essaie de cacher, ils prouvent encore une fois d'une part sa curiosité maladive, d'autre part le manque de confiance et de communication entre les deux amants.

A côté de leur histoire, l'action n'avance pas vraiment. Un nouveau personnage, dont on devine rapidement l'identité, apparaît mais son rôle pour l'instant n'est pas clairement défini. Et les vraies révélations s'arrêtent là. Certes, par un habile procédé d'écriture, l'auteur nous dévoile une partie du passé d'Henri, avant qu'il ne quitte Avoriel mais dans le même temps, cela donnait des scènes de plus en plus glauques, de plus en plus sanglantes et horribles avec un côté répétitif et une sorte de surenchère  qui m'ont lassée. Puis il manquait la distanciation donnée par les hallucinations dans le premier tome.

Tout cela a fini par occulter le style toujours aussi soigné et classique de Georgia, qui n'a pas réussi à dissiper la gêne ou le trouble créé par le sens des mots.

Au final, je n'ai pas savouré ce tome 2 dans lequel le charme de l'écriture n'a pas suffi à masquer le malaise provoqué par la relation étrange entre Henri et Cornélia, qui prend beaucoup trop d'importance par rapport à une intrigue quasi inexistante ; ni à me faire supporter le côté horrifique de scènes souvent redondantes.
Je lirai sans doute la suite mais surtout pour avoir le fin mot de l'histoire.

Lu dans le cadre des challenges

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