4e de couverture - éd. Mille Saisons
"Février 1804. Dans les rues de Paris, la rumeur grandit. Une vampire aurait pris ses quartiers en bord de Seine et serait déjà responsable de la disparition d’une centaine de jeunes gens fortunés.
C’est que cette vampire-là semble autant intéressée par l’or que par le sang.
Et Paris s’interroge : est-ce là le fait d’une organisation secrète ou d’une véritable goule?
Loin de toute cette agitation, René et Angèle s’aiment et s’apprêtent à se marier. Mais la jeune fille se sent de jour en jour plus délaissée. Son amant en préférerait-il une autre?
Sans doute pas. Pourtant quand on est le neveu du plus redoutable opposant de Napoléon, il faut se méfier des belles dames aux cheveux de jais…"

Feval-LaVampire

Depuis mon adolescence, j'ai lu et relu Le Bossu de Paul Féval vouant une réelle admiration à Lagardère, appréciant la gouaille du Bossu et la précision économique et historique de l'auteur. Bref, j'aime ce livre !
Aussi lorsque je suis tombée par hasard sur la parution de La Vampire chez Mille Saisons, ce titre est immédiatement entré dans ma PAL, pour n'en sortir finalement que cet été.

Allez savoir pourquoi, j'ai eu du mal à entrer dans ce livre ; probablement parce que j'avais oublié le style si particulier, très feuilletonniste,  de Féval. J'ai donc commencé par être surprise des nombreuses interpellations presque familières au lecteur qui alternent avec des phrases aux tournures un peu surannées et vraiment marquées de leur temps (1865).

Mais rapidement, je me suis laissée emporter par cette intrigue plus qu'originale qui mêle habilement une enquête sur des disparitions suspectes et plusieurs meurtres, un complot anti-bonapartiste (avant même qu'il ne soit empereur), des relents de chouannerie (Féval était breton),  des histoires d'amour - l'une toute en pureté alors que l'autre n'est que passion charnelle -  et bien sûr, une bonne dose de fantastique sauce XIXe ; tout pour me plaire quoi !

Les personnages sont hauts en couleurs et bien campés sans sombrer dans la caricature. René, héros bien malgré lui de tout ça, a un côté touchant malgré une certaine naïveté, Lila, alias la Comtesse Gregoryi est tout à la fois envoûtante et terrifiante un peu double en fait ; et puis M. Jean-Pierre, enquêteur et protecteur est sans doute celui qui m'a le plus plu avec son solide bon sens et sa logique qui va le conduire là où il veut aller. Il n'y a qu'Angèle que j'ai trouvé d'une niaiserie presque insupportable, mais c'est son rôle d'ingénue qui veut ça.

Il faut que j'y ajoute la vision très particulière du vampire, à la limite de la dérision dans son traitement car ils sont ici autant assoiffés d'or et d'Amour que de sang ou de luxure. Et au final, on ne sait pas vraiment qui gagne. Féval reste d'ailleurs très classique de ce côté-là en distillant sans cesse le doute sur qui (ou ce qu') est réellement La Vampire.
Sans oublier, les références et hommages à ses prédécesseurs et contemporains : on sent Dumas par endroits mais aussi Poe et Gautier. Quand à la toute dernière phrase, elle m'a rappelée une de celles de Notre-Dame-de-Paris.

C'est donc à mes yeux une excellente découverte que ce roman que j'ai adoré de bout en bout. Et si ce n'est pas un coup de cœur, c'est plus par son côté vraiment daté et feuilleton (certaines scènes étant redites par un autre protagoniste par exemple) que pour son histoire et le mélange fantastico-historique qui ont su réellement m'emporter.

ABC2014

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