"Le colonel Capadose est un homme fascinant : séduisant, beau parleur, bon cavalier, aimé des femmes - et surtout de la sienne, Everina -, il réunit toutes les qualités dont on peut rêver. Seule ombre au tableau, c'est un menteur invétéré qui affabule à longueur de journée. Lorsque Oliver Lyon, un peintre de talent, amoureux d'Everina, décide de réaliser un portrait du colonel qui révélera au grand jour sa véritable nature, les choses se compliquent... "

James-Menteur

L'histoire est fort bien résumée sur cette quatrième de couverture car finalement, il se passe peu de choses dans cette nouvelle. Et pourtant, elle retient l'attention d'une manière forte car tout Henry James est là en quelques pages :
- le style d'abord raffiné, élégant, très fin de siècle (XIXe s'entend); et vous savez maintenant combien j'aime ce genre de choses. J'irai même jusqu'à dire qu'il y a une certaine parenté d'écriture entre Henry James et Proust ;
- les personnages, esquissés en quelques mots mais dont la psychologie et la personnalité sont mises en valeur d'une façon précise et implacable. C'est d'ailleurs ce côté-là souvent travaillé chez l'auteur qui joue le rôle le plus important ici puisque Oliver, le peintre va s'attacher à faire ressortir qui est réellement le colonel à travers son portrait. Les quelques péripéties liées à ce portrait ne sont, elles, finalement présentes que pour mieux mettre en lumière LE travers de ce dernier ;
- enfin, la chute (oui j'aime quand les nouvelles ont une vraie chute) est à la hauteur du reste et de l'auteur à la fois plutôt pessimiste sur la nature humaine mais aussi suffisamment grinçante pour prêter à sourire.

C'est vraiment le livre que je conseillerais pour qui voudrait entrer dans l'univers d'Henry James. Et en tant qu'amatrice de l'auteur, j'ai adoré cette nouvelle.

chronique-express

ABC2014

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