Avertissement : cet article est totalement personnel, ne s'appuie sur aucune étude et n'est formé que de réflexions qui me trottent dans la tête pratiquement chaque année à cette époque ; il est donc complètement subjectif. Prenez le comme tel ;)

Nous sommes le 8 mars et c'est aujourd'hui la quarantième Journée Internationale de la Femme ; journée instituée par l'ONU pour mettre en avant "ces femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.". [non ce n'est pas une fête et offrir des roses ce jour-là n'a aucun sens !]

JIFemmes

Lorsque j'étais adolescente - dans les années 80 - avec les copines, nous sentions que les relations entre hommes et femmes changeaient et voyions le monde bouger petit à petit. Il faut dire que, dans notre fin fond de campagne traditionnelle, nous étions très sensibilisées à cette différence de traitement et chaque pas en avant nous paraissait important. De plus, beaucoup d'associations et les télévisions de l'époque relayaient aussi l'information sur les conditions de vie dans les pays d'Afrique, expliquant - déjà - que l'éducation des femmes et des filles étaient non seulement une priorité mais LE moyen pour que ces pays puissent sortir de la guerre et de la misère.
A l'époque, sans être militantes, nous étions fières de faire partie d'une génération qui pouvait choisir les études qu'elle voulait, fières de partir de chez nous pour exercer le métier choisi, poussées par nos mères et nos grands-mères qui voyaient que nous aurions une vie différente des leurs. On ne parlait ni d'égalité, ni de parité mais de droits et ces droits étaient de plus en plus reconnus. En tout cas c'était ce que nous pensions du haut de notre jeunesse pleine d'espoir ; même si plein d'aberrations nous faisaient à la fois sourire et rager comme le fait que les vendeurs d'aspirateurs soient des hommes alors qu'on n'en voyait fort peu s'en servir, ou que les grands chefs soient des hommes quand nos pères ne mettaient jamais la main à la pâte dans la cuisine, haut lieu de pouvoir féminin. Malgré cela, nous étions certaines de poursuivre le changement en cours …

Quelques années plus tard, devenues adultes avec de nouvelles copines, nous réagissions fortement à ce qui nous paraissait être des dérives. Ainsi, voir certains collectifs se battre pour féminiser les noms de métier [ce qui ne change rien puisque le problème de fond est l'absence de neutre dans les langues latines ; alors ne faudrait-il pas aussi revoir les oppositions entre LA lune et LE soleil - ou se dire que la mer et l'océan reflétant une même réalité, devraient avoir le même genre ?] ou plus étrange, chercher à supprimer la double civilité féminine en ne voulant garder que celles des femmes mariées (logiquement plus discriminatoire), nous donnaient plus envie de vouer ces féministes aux gémonies que de les suivre. Ceci était accentué par le fait que nos espoirs de jeunesse n'étaient plus, que si certaines inégalités disparaissaient, d'autres se formaient à la même vitesse et qu'il ne fallait pas aller bien loin en Europe pour voir bafouer des droits que tous pensaient acquis.

Les lois ont-elles réellement aidé les différents mouvements ? certaines oui, sans aucun doute. Pour d'autres,  je reste dubitative comme sur la parité dans les listes électorales et les gouvernements [combien de ces femmes auraient-été là si elles n'avaient que leurs compétences et n'entraient pas dans le quota ? Vous souvenez-vous d'ailleurs que, toujours dans ces mêmes années 80, le mot était utilisé pour le lait et la viande ? faut-il y voir une coïncidence ?] et jusqu'où faut-il pousser cette idée de parité ?

Là dessus sont venus se greffer deux autres phénomènes (rien à voir entre eux mais…)
D'une part, la montée de l'islam radical qui dans de nombreux pays a fait reculer de manière dramatique le droit des femmes à l'éducation, à l'autonomie, au choix de leur vie en les renvoyant dans leurs pénates manu militari ; virant au passage de leur territoire ces mêmes associations dont je parlais plus haut.
A l'inverse, en Occident la multiplication de la sexe-attitude dans tous les médias donnent en modèle des femmes au corps parfait (enfin surtout parfaitement retouchés) passant leur vie quasi dénudées ; quand on ne propose pas aux petites filles du rose et des paillettes pour faire princesse, mannequin, star ; mais pas juste des femmes tout simplement (d'ailleurs si on veut continuer mais en moins glamour, pour voir des femmes normales ; il faut des pubs pour les serviettes en cas de fuites urinaires O_O !!!). Heureusement que nous voulions voir disparaître la femme-objet de nos écrans ! c'est pire maintenant. A une différence près : les hommes le sont devenus aussi - tous jeunes, musclés à l'extrême -.
Et je vous passe les jeux, encore plus sexués qu'il y a 30 ans, les livres "pour filles" et "pour garçons" même les chaînes TV s'y mettent. Du sexe oui mais  de l'égalité des sexes dans la représentation quotidienne montrée à chacun, non.

Alors cette journée est plus qu'importante, y compris chez nous, et il convient de rappeler qu'en tant que femme, nous avons le pouvoir de faire bouger les mentalités autant si ce n'est plus que les politiques.
Nous pouvons, j'ai même envie de dire que nous devons, éduquer nos époux, conjoints, compagnons et même colocataires pour qu'ils apprennent qu'un aspirateur est aussi facile à utiliser qu'une perceuse ou une console de jeux ; pour qu'ils cessent d'admirer les Masterchef, Topchef et se mettent aux fourneaux pour le repas du soir ; pour qu'ils se rendent compte que mettre une machine en route ne les empêchera pas de faire autre chose de leur soirée ; que, vu qu'ils ont aussi fait des études, ils peuvent aussi bien que vous vérifier les devoirs du petit dernier ! Cette liste n'est pas exhaustive mais les conséquences sont grandes !
Sur vos filles (fonctionnent aussi avec nièces, cousines) d'abord qui, en voyant que vous ne faites pas tourner la maison toute seule, assimileront que leur rôle de femmes n'est pas d'être la bonniche de Monsieur.
Sur vos garçons (neveux, cousins) qui, en apprenant à accomplir ces petites tâches du quotidien, s'apercevront qu'elles ne remettent pas en cause leur masculinité

De même, vous aimez vous habiller joliment, vous maquiller un peu, prendre soin de vous ? alors faites-le en expliquant à vos filles que ces gestes sont d'abord pour vous et pas pour être plus sexy, plus glamour, ou pour tout autre raison masculine (rho j'ai osé !) mais simplement pour vous sentir belle et en confiance, et pleinement vous-mêmes. Et que pour cela, il n'est pas utile d'avoir l'air d'une prostituée de bas étage, maquillée comme une voiture volée (pardon Mesdames pour la caricature) ; ni être parfaite ou à la pointe de la mode.
Montrons-leur l'exemple !
Dans le même temps, cela donnera à nos garçons une véritable image de ce qu'est une femme, loin de l'objet sexuel fantasmé de certaines publicités, séries ou émissions de télé-réalité (je peux vomir ? merci !).

Bref, éduquons à tous les niveaux, tous les jours, dans chacun de nos actes. Combattons le sexisme ordinaire, sans obligatoirement militer avec tracts et banderoles, mais à chaque moment, par petits pas car ce sont les petites rivières qui font les grands océans.
Pour qu'un jour, cette journée n'est plus besoin d'exister, pour qu'un jour l'égalité des sexes ne soit plus un problème même pas de vocabulaire et que celle des droits existent pleinement,  pour que nous puissions nous dire femmes fièrement et tout simplement !