Avertissement : ce billet contient une chronique séparée pour chaque tome mais avec spoilers sur celui qui le précéde.

Tome 2 : L'épreuve

4e de couverture - éd. Pocket Jeunesse PKJ
"Après la révélation de son identité, Saskia est livrée à elle-même. De nouveaux dangers surviennent et dévoilent la puissance de ses ennemis. Est-elle la créature dont parle l'ancienne prophétie ? Pour le découvrir, Saskia doit partir à la rencontre de ceux qu'elle croit être ses frères.
Mais tout se complique. Qui sont ses vrais amis ? S'est-elle trompée sur la force du lien qui l'unit à Tod ? Saskia doute. Et l'étau se resserre…"

Saskia2

Ma lecture du tome 1 remonte déjà à plus d'un an, mais je patientais car je voulais avoir le tome 3 (dans la même édition) sous la main avant d'entamer la suite. Ce dernier est sorti il y a deux mois et je viens donc d'achever la série avec beaucoup de plaisir.

J'ai un peu moins apprécié ce deuxième opus par rapport au premier car, bien qu'on y retrouve les mêmes ingrédients, les mêmes personnages, un certain nombre de détails, soigneusement évités par l'auteur auparavant, surgissent ici et m'ont agacée.

Ainsi j'ai regretté :
- les réactions beaucoup plus à l'emporte-pièces de l'héroïne qui se comporte de manière plus égoïste, abrupte et moins réfléchie que ce soit face à l'action - quand elle part chercher Domitille et Antoine par exemple - ou dans sa relation avec Tod, même si celui y est aussi pour beaucoup.
- la rapidité de présentation des nouveaux personnages et de la hiérarchie des Faucheurs. Nous, lecteurs, plongeons dans le Nid comme Saskia et j'aurais aimé l'aborder de manière plus posée, ayant dû parfois revenir en arrière pour savoir qui était qui.
- et dans le même temps un certain sur-place s'instaure venant certainement du semi huis-clos et du temps des recherches voulues par l'histoire.
- Enfin, j'ai eu l'impression que l'auteur instillait moins d'humour dans les dialogues ou dans les situations que précédemment et cela m'a un peu manqué.

Cependant j'ai beaucoup aimé
- l'intrigue et ses différentes pistes parfois très embrouillées, ainsi que l'action encore une fois de plus en plus prenante.
- les nouveaux personnages en particulier Niels et son flegme (mais pas que), les deux frères Gwen et Arnar, mais aussi Arbelle, Nahia…
- les révélations sur les Enkidars, même si elles sont moins surprenantes que dans le tome 1, on sent qu'elles ont leur importance pour la suite.
- le combat final rapide, horrible, fort, très visuel et en même temps totalement bouleversant.

Je ne peux terminer sans encore une fois signaler le style de Marie Pavlenko qui, loin de donner une image nunuche de la littérature adolescente, écrit pour eux sans concession et avec brio.

Au final, malgré mes quelques réticences qui font sans aucun doute de ce tome plus un tome de transition, j'ai passé un très bon  moment de lecture et j'ai immédiatement enchaîné avec la suite pour rester encore un peu avec Saskia et ses amis.

* * * * *
Tome 3 : Enkidare

4e de couverture - éd. Pocket Jeunesse PKJ
"Après l'attaque du Nid, c'est la débâcle. Obligée de se réfugier à Arion, Saskia héberge les survivants. Mais Tod est gravement blessé, et de nouvelles attaques fragilisent le petit groupe. Saskia ne peut plus reculer : il lui faut trouver le Surclan, et éclaircir le mystère du Cercle des cent. Elle part donc à la recherche de ses ennemis, sans rien soupçonner, ni de leur puissance, ni de leurs effrayants secrets…"

Saskia3

Et là je suis juste restée scotchée à mon livre.
Balayés les petits détails qui coincent, les réticences du précédent : Saskia s'assume pleinement, chaque personnage s'épanouit et prend toute la place qui lui revient ; même ceux qui arrivent se glissent dans le puzzle d'une manière tout à fait naturelle.
Et par dessus tout, c'est un tome conduit à cent à l'heure, pas ou peu de pause dans l'action mais sans jamais que celle-ci ne paraisse précipitée ou inutile.
Au contraire, chaque acte converge vers LA révélation, réponse à toutes les interrogations de la série et en même temps magnifique message de paix, de fraternité malgré les différences ; ainsi que sur l'importance de la mémoire collective et des informations qui la forment. Et même si quelques indices sont glissés avant, elle n'en perd pas du tout sa force.
Dans le même temps, les émotions se bousculent et forment de véritables montagnes russes allant du rire aux larmes, de la joie la plus folle au désespoir. L'amour, l'amitié, la haine, la mort s'y côtoient dans un grand maelstrom qui secoue mais fait du bien et dont on ressort la gorge serrée et  le sourire aux lèvres.

Bref, j'ai adoré cette conclusion pour laquelle j'ai un petit coup de cœur. Et je vous conseille la trilogie complète : à lire dès 13 ans, mais sans limite d'âge ensuite.

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Juin : lire un livre d'un auteur francophone