Avertissement : non je n'étais pas au milieu des 65 000 personnes présentes au concert jeudi soir mais cela m'a donné envie de consacrer (enfin) un billet complet à ce groupe qui est un des rares actuellement à trouver grâce à mes oreilles.

MUSE-vieilles-charrues2015

Si vous fréquentez ce blog  plus ou moins régulièrement, vous savez que la musique fait partie intégrante de ma vie. Vous vous êtes même rendu compte que j'apprécie particulièrement les œuvres romantiques et post-romantiques dont les grands opéras, ainsi que la chanson française. Alors que vient faire là-dedans ce groupe rock ?

J'aime le beau son mais j'aime aussi ce qu'on appelle le gros son - on utilise en général cette expression uniquement pour le rock voire le hard-rock justement ; pourtant, elle ne serait pas déplacée pour certains fortissimos d'orchestre symphonique ou dans de  grands arias de Verdi - Alors oui quand je ne suis pas plongée dans mon cher XIXe j'aime écouter du vrai rock, surtout si les musiciens assurent et là-dessus MUSE, c'est du bon !

J'ai découvert le groupe à leurs débuts, époque où j'essayais de suivre le plus possible l'actualité musicale en France et en Grande-Bretagne, avec Muscle Museum et l'album Showbiz ; et puis est sorti Origin of Symetry avec des références à Berlioz (déjà !) et des titres que je trouvais électrisant comme New Born. Bref, j'étais conquise mais les hasards de la vie ont fait que je les ai laissés de côté quelques temps.
Il aura fallu la Twilightmania et l'utilisation des titres Supermassive Black Hole puis I belong to you pour que je complète ma collection de CDs (et DVDs), avec un petit coup de cœur pour The Resistance.

Alors pourquoi j'aime autant la musique de MUSE ?
- d'abord pour leur son à la fois très rock - la batterie de Dom !!!………… - et travaillé. Les critiques auront beau jeu de les traiter de sous-Radiohead ou de mauvais Queen, il y a un son MUSE, reconnaissable entre tous même dans leurs expérimentations diverses et parfois un peu étranges pour du rock (je connais ainsi des fans qui ont eu du mal à accrocher avec Exogenesis par exemple)
- pour leurs références (dans des arrangements un peu douteux parfois, il faut avouer) à de nombreux classiques que j'aime aussi : Chopin, Saint-Saëns, Berlioz …
- cela tient aussi à la voix particulière et facilement identifiable de Matthew Bellamy. Comme pour toutes voix, on aime ou on déteste (un jour il faudra que je vous parle du pourquoi du comment de ce phénomène) ; et là moi, j'adoooooore, je fonds, je craque -  je meurs (enfin pas tout de suite hein !) - vous avez compris.
- enfin, les sujets de leurs chansons sont de plus en plus forts et porteurs de messages au fur et à mesure des albums. Le dernier sorti Drones est excellent à ce niveau là :
"l'histoire de l'album est "influencée par la guerre entre l'intelligence artificielle et les sentiments". A partir de là, un parallèle se dresse avec les être humains qui, parfois, ont du mal à "exprimer leurs sentiments". Comme Matt Bellamy le souligne, "la technologie nous pousse à nous déconnecter du monde réel" tandis que les "drones font parties des avancées technologiques qui font peur aux gens"." - extrait, interview VirginRadio, 31 mai 2015 - Mais les deux précédents frappaient déjà très fort (souvenez-vous de mon utilisation de Uprising).

Je ne peux terminer sans souligner en plus les performances du trio en concert. Ce sont de vrais musiciens qui prennent leur pied à jouer en public et qui "envoient du bois" en direct. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter les albums de ceux-ci ou de regarder quelques vidéos.
Je n'ai malheureusement pas encore eu la chance de les voir en vrai mais quand j'ai appris que leur concert des Vieilles Charrues était retransmis en direct sur Culturebox, je n'ai pas hésité une seconde à m'installer devant l'ordinateur pour une soirée assez inoubliable.

Je viens de vous le dire, ces trois-là savent faire le show et ne se privent d'aucun effet : vidéos, jeux de lumière, ballons viennent renforcer une musique dopée aux décibels et portée par un public déchaîné (regardez le jeune homme qui hurle en fermant les yeux ; il m'a bien fait rire. Fermer les yeux face à MUSE ! nan mais ça ne va pas la tête). Dominic le batteur a comme toujours lâché les chevaux, Matthew a réussi à décocher un sourire ravageur entre deux riffs et la stoïcité de Chris à la basse est impressionnante de présence.
Quand à la setlist, il n'y manquait rien ! Plus axée vers le nouvel album que celle de Musillac je l'ai trouvé presque parfaite (oui si je veux faire ma groupie blasée jusqu'au bout, j'aurais préféré avoir Resistance à la place de Starlight et je n'aurais pas craché sur le Madness joué à Rome). Je n'ai donc pas du tout boudé mon plaisir et savouré cette grosse heure et demie de "bon gros son" avec une délectation d'autant plus grande que je n'étais pas écrasée au milieu de la foule.
J'ai particulièrement apprécié l'enchaînement de milieu de concert de The Groove à Hysteria avec Uprising (oui encore !) et Dead Inside qui claque en direct, ainsi que la performance de Time is running out avec son décompte. Mais je ne vais pas tout détailler pour vous laisser quelques surprises.
Seul petit regret : qu'on ne voit presque pas les vidéos d'arrière-plan. Mais en compensation, j'ai pu me régaler des gros plans sur les mains de Matthew : elles sont belles *soupir rêveur*

Et un petit extrait pour terminer

Info de dernière minute lue sur VirginRadio : le groupe annonce son retour en salles en France dès l'an prochain. Alors surveillez les réseaux sociaux pour les dates :)

Setlist complète - Vieilles charrues 2015 - jeudi 16 juillet
- Psycho
- Supermassive Black Hole
- The Handler
- Plug in baby
- The Groove
- Uprising
- Dead Inside
- Interlude
- Hysteria
- Munich Jam
- Citizen Erased
- Apocalypse Please
- Supremacy
- Starlight
- Time is running out
- Reapers
- Mercy

- Knights of Cydonia

Et si vous voulez tout savoir sur MUSE, leur site (en anglais) et celui du fan-club officiel français.