1- Le Passeur

Ce livre est un véritable coup de cœur et sans aucun doute un des meilleurs romans de science-fiction que j'ai lu ces dernières années. Le plus surprenant est sans doute son incroyable modernité alors qu'il a été écrit il y a déjà 20 ans, mais ce n'est pas pour cela qu'il m'a le plus plu.

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En fait, j'ai tout aimé dans ce livre :
- l'histoire de Jonas qui découvre qu'il va devenir un être à part dans la société où il vit, et va s'apercevoir lors de sa formation que son monde si parfait est sans doute plus froid et cruel qu'il n'y paraît. Mais surtout que ce monde est vide et qu'il lui manque beaucoup de choses ;
- les personnages principaux : Jonas, jeune garçon que j'ai envie de qualifier de normal. Il va à l'école, suit les règles et ne se pose pas trop de questions avant le jour fatidique de ces 12 ans. Après, son évolution est plus qu'intéressante et touchante. Quand au Passeur, il m'a d'abord intriguée, puis émue. C'est vraiment un personnage fort en lui-même et par ce qu'il fait passer.
- l'univers et surtout la manière dont il est amené m'ont scotchée. D'apparence un peu étrange mais très courtois, il change peu à peu sous les yeux de Jonas et donc du lecteur pour devenir (surlignez pour lire) totalement aseptisé mais aussi normalisé, aucune émotion, aucune couleur etc ; les "amilles sont composées par les dirigeants, les bébés peu conformes, les vieillards mais aussi toute personne n'entrant pas dans le cadre sont élargies - ce qui donne d'ailleurs quelques scènes très prenantes -. C'est la découverte de notre monde et sa comparaison avec celui inventé par Loïs Lowry qui nous permet de le découvrir et cela en donne une image encore plus dérangeante. J'avoue que cette construction est pour moi un des points forts du livre.
Enfin, je terminerai avec un mot sur le style soigné au vocabulaire choisi et qui ne me prend pas les jeunes pour des imbéciles. Loin d'être simplifié, il est travaillé pour être accessible et très agréable à lire.
Au final, c'est donc une excellente dystopie avec des réflexions intéressantes sur l'horreur mais aussi la beauté de notre monde et qui a en plus le mérite de ne pas souffrir des clichés de la littérature YA anglo-saxonne récente. A lire absolument !

Coup-de-coeur

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2- L'Elue

Plus qu'une suite, ce livre est un compagnon du précédent car il se situe dans un univers à la fois proche et très différent. De plus il ne fait aucune référence à l'histoire de Jonas mais on y retrouve certaines similitudes. Comme pour le précédent, j'omets volontairement le résumé car je pense vraiment que c'est une histoire qui mérite qu'on arrive vierge à la lecture.

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Sans aller jusqu'au coup de cœur du Passeur, j'ai encore une fois beaucoup aimé cette histoire.
Comme je le disais en introduction, l'univers est à la fois proche et très différent. Ainsi dès le début, nous plongeons dans un monde qui paraît beaucoup plus dur, aussi difficile à vivre qu'une jungle en particulier pour Kira l'héroïne, boiteuse et donc peu adaptée au travail demandé. Il est ainsi moins courtois que dans Le Passeur, et si les émotions ont leur place, celles qui sont données à voir au départ sont plutôt négatives. Malgré cela, chacun semble relativement libre de sa vie.
Mais la principale différence réside dans l'utilisation des couleurs, car Kira est une brodeuse hors pair et son talent va la conduire à être choisie par le Conseil pour restaurer et achever la ROBE qui raconte l'histoire de son peuple.

Et c'est donc au Palais que l'intrigue prend forme. Alors que le lecteur se réjouit pour Kira qui semble trouver enfin sa place, mais aussi un nouvel ami Thomas qui vit à côté d'elle, le malaise s'infiltre dans le récit de manière plutôt insidieuse, par petites touches. Et peu à peu, l'auteur montre l'envers du décor, le passé de ce peuple et ce qu'il subit actuellement ; ainsi que le fait qu'il y a autre chose ailleurs, là où la couleur bleue existe toujours.

La construction du récit peut donc sembler assez similaire à celle du Passeur, cependant les réflexions sous-jacentes et surtout le choix final de Kira noue une trame qui s'en distingue largement.
Il est aussi  presque plus dérangeant et appelle davantage une suite que son prédécesseur.

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