Dans la nuit de mardi 5 janvier, Pierre Boulez est mort à l'âge de 90 ans  et avec lui c'est toute la musique contemporaine avant-gardiste qui s'éteint, de manière définitive ai-je entendu ce matin dans une émission de France Musique (cela me paraît un peu exagéré mais bref, passons…). Une chose est certaine : Pierre Boulez a fortement marqué son temps que ce soit en tant que compositeur, penseur de la musique ou chef d'orchestre, pédagogue et est considéré comme l'une des personnalités les plus influentes du monde musical, notamment contemporain, depuis les années 1950.

pierre_boulez
©Corbis via France Musique

Né en 1925, il fut l'élève d'Olivier Messiaen et René Leibowitz et se fit connaître dès 1946 avec ses premières œuvres. Dans les années 1970, il fonda l'IRCAM - lnstitut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique - et présida l'Ensemble Intercontemporain, et ne cessa jamais de défendre la musique nouvelle et encourager la création sous sa forme la plus exigeante.
Il a aussi publié de nombreux écrits dont Penser la musique aujourd’hui (qui m'a parfois donné bien du fil à retordre lors de mes études, même si il est passionnant). Très controversé et suscitant souvent la polémique, il m'a souvent paru que la musique savante d'après Boulez s'est construite grâce à lui ou contre lui ; mais dans tous les cas pas sans lui.

Je me dois d'être franche avec vous : je n'aime pas la musique de Boulez. Quand je dis que je ne l'aime pas, c'est au sens où je ne l'écoute pas pour le plaisir. Je l'ai étudiée, je comprends son processus et j'admire le travail effectué et l'intransigeance de ses compositions ; je parviens même à en apprécier un certain nombre de subtilités. Seulement voilà en raison de son côté cérébral, plus austère, cette musique, à l'inverse de celle de Dutilleux, ne me parle pas tout simplement. Cependant, voici deux extraits d'œuvres qui m'ont plus marquée

- les Notations pour piano (sans doute la plus accessible à jouer) - pour les curieux, petit décryptage ici

- et Pli selon Pli, une œuvre in progress écrite et ré-écrite de 1957 à 1989, sous-titrée Portrait de Mallarmé -en savoir plus


Parallèlement à sa carrière de compositeur, Pierre Boulez est un des plus grands chefs d'orchestre de son temps. Reconnu internationalement, il dirigea entre autres le Philarmonique de New-York où il succéda à Leonard Bernstein en tant que directeur musicale de 1971 à 1977, et fut invité à Bayreuth pour un Ring d'anthologie avec Chéreau à la mise en scène. Sous cette casquette, il va porter partout la musique du début du XXe siècle  - française avec Ravel, Stravinsky et Debussy dans laquelle il excellait et là, je voue toute mon admiration et ma fascination pour ses interprétations d'une précision, d'une finesse et d'une beauté inégalées ; mais aussi allemande avec Mahler et les trois Viennois : Schœnberg, Berg et Webern.
Je ne le connaissais pas encore réellement que j'étais déjà subjuguée par sa direction quand j'ai découvert Wagner grâce à ce fameux Ring - diffusé à l'époque à la télévision en intégralité -. Et quand j'ai commencé à m'intéresser de plus près aux compositeurs ci-dessus nommés c'est vers lui que je me suis tourné aussi.
Alors, encore une fois, je ne pouvais pas partager une de mes œuvres préférées et qui l'est peut-être devenue grâce à Boulez - Prélude à l'après-midi d'un faune où Debussy rencontre Mallarmé (encore lui ;) )

Et si vous voulez mieux connaître le maître, je vous invite à parcourir le portrait que France Musique lui a consacré pour ses 90 ans l'an passé.