Résumé de l'histoire :
Le chevalier d'Ivanhoé a été déshérité par son père, Cédric le Saxon pour avoir prêté allégeance au roi normand Richard Cœur-de-Lion qu'il a suivi en croisade. De retour en secret en Angleterre, Ivanhoé se voit défié par le chevalier saxon Brian de Bois-Guilbert, allié du Prince Jean. De tournoi en duel, de bataille en attaque de château fort, deux camps s'affrontent. Et Ivanhoé va devoir se battre pour défendre son roi, regagner sa place et retrouver la belle Rowena qu'il aime depuis toujours.

Scott-Ivanhoé-couv

J'ai une longue histoire personnelle avec le roman Ivanhoé que je lis et relis depuis ma prime jeunesse (oui, là je vais vous raconter ma vie) dans différentes éditions. J'ai ainsi souvenir d'une sorte d'album illustré avec déjà pas mal de texte dont je suis tout à fait incapable de vous donner un quelconque aperçu. L'histoire m'avait suffisamment plu pour que je le lise ensuite dans une version collège (Bibliothèque Verte ou Rouge & Or) empruntée au "CDI" de l'époque (des guillemets car le mot n'existait pas encore), déjà plusieurs fois parce que l'histoire me plaisait. De mémoire, j'ai lu l'intégrale au lycée dans une vieille édition et une vieille traduction au langage délicieusement suranné (comme je lisais déjà énormément de classiques à l'époque, j'adorais ce style-là), puis lu et relu suivant les bibliothèques que j'ai fréquentées. Vous ai-je dit que l'histoire me plaisait ? :D
Bien entendu, j'ai aussi vu plusieurs fois la magnifique adaptation cinématographique de 1952 avec notamment Robert Taylor et la belle Elizabeth, George Sanders, Joan Fontaine.
C'est donc un roman qui m'a accompagnée pendant quasiment toute ma vie de lectrice et ce fut une véritable joie de tomber sur une nouvelle édition poche récemment pour l'avoir enfin chez moi et le relire encore une fois.

Alors pourquoi tant d'affinités ?

J'ai été bercée, nourrie, pétrie même de contes de fées dans lesquels le Prince Charmant sur son cheval blanc sauve la Princesse ou la jeune fille en détresse avant de l'épouser, et où les méchants sont toujours punis à la fin. Puis comme beaucoup, j'ai été fascinée par le monde de la chevalerie, d'autant plus peut-être que ma mère était passionnée par le Moyen-Age. Alors toute histoire se déroulant dans ce contexte m'intéressait : Robin des Bois - découvert grâce à Disney -, la légende du Roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde etc Donc j'aime l'intrigue d'Ivanhoé même si avec le recul elle peut paraître un peu cliché car elle parle d'honneur, d'amour, de batailles et de châteaux mais aussi de grands sentiments, d'exil, d'espoir et d'attente ; et qu'elle finit bien (ou presque)!

J'en aime aussi les personnages :
évidemment le chevalier d'Ivanhoé - même si il met du temps à arriver dans l'histoire - a ma préférence ( jeune, j'étais même un peu amoureuse du personnage). Il faut dire qu'il est le héros type : grand, beau, fort, plein d'honneur mais aussi de compassion et toujours droit et juste. Que dire de plus ?
Les demoiselles en détresse - Rowena et Rebecca - sont des modèles aussi. Cependant elles sont loin d'être aussi cruches et incapables de se défendre qu'on pourait le croire. Certes toutes deux sont de véritables beautés mais quasi opposées. Face à la blonde princesse saxonne, consciente de son rang et ayant une certaine morgue, Rebecca la brune juive, est plus douce et peut compter sur sa science médicale pour aider son prochain et la force de sa vertu pour se protéger. Comme beaucoup de lectrices, y compris à l'époque de Scott, j'ai regretté parfois que Rebecca n'ait pas un autre destin.
Le méchant Bois-Guilbert est plein d'arrogance, d'orgueil, trop sûr de lui, il ne supporte pas que quiconque lui résiste ou le contredise. Lui aussi est beau et fort mais son amour du pouvoir pour lequel il semble prêt à toutes les exactions le place à l'opposé d'Ivanhoé. Toutefois, dans la dernière partie, il réussit à faire un peu pitié tant il est empêtré dans ses propres filets, y compris celui de son attachement pour une des demoiselles citées ci-dessus.
Parmi les personnages secondaires, on peut noter le Prince Jean totalement ridicule, le prieur de l'Abbaye de Jorlvaux fort éloigné de la religion, les serviteurs de Cédric le saxon Gurth et Wamba pleins de bon sens et bien sûr l'apparition de Robin des bois et ses compagnons ainsi que du mystérieux chevalier noir.

Tout cela ne serait rien sans le style de Walter Scott, car même en ayant lu plusieurs traductions et réductions, un certain nombre d'éléments ressortent. Le premier est une écriture très enlevée et rythmée avec des dialogues percutants. Les nombreuses et très belles descriptions ne ralentissent en rien l'action tant elles sont visuelles et imbriquées à celle-ci. Puis Scott n'hésite pas non plus au cours de son récit à s'adresser à ses lecteurs de manière spontanée comme un conteur le ferait à l'oral.
Enfin, comme beaucoup de romanciers anglais de l'époque et comme Shakespeare avant eux, il manie habilement l'ironie et mêle allégrement des passages comiques à l'action plus sérieuse ; ce qui donne une facilité de lecture presque déconcertante. De plus, il se moque un peu de tout le monde - sauf de son héros - sans méchanceté mais avec une gaieté quasi contagieuse (cependant si vous êtes du genre à ne pas prendre de recul avec notre société où il est de bon ton d'être féministe, de défendre les juifs, les arabes et j'en passe, passez votre chemin :P ).

Voilà pourquoi j'aime ce roman et qu'il fait partie de mes livres préférés ; autant vous dire que cette nouvelle relecture fut jubilatoire et que j'en suis sortie absolument ravie et le sourire aux lèvres. Alors si vous voulez en savoir plus LISEZ-LE !

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