Résumé de l'histoire :
"Le jour de ses quarante et un ans, un écrivain viennois reçoit une lettre d'une femme qui l'aime passionnément depuis son adolescence et qui, sur son lit de mort, désire lui raconter cet amour qui la consume encore. Elle l'a aperçu pour la première fois seize ans plus tôt, alors qu'il emménageait dans l'appartement face au sien, où elle vivait avec sa mère. Pour la jeune fille de treize ans, ce fut un coup de foudre et le moment où sa vie commença réellement."

Zweig_inconnue

"Lettre d'une inconnue est le récit d'une des grandes passions de la littérature du XXe siècle et une des nouvelles les plus célèbres et les plus intenses de Stefan Zweig. Avec humanisme, l'auteur y dépeint l'amour absolu d'une femme pour un homme insouciant."

 Je suis tellement d'accord avec le commentaire ci-dessus (issu de la 4e de couverture dans l'édition Robert Laffont - Pavillons Poche) que je pourrais  arrêter cet article là. Mais cela ne vous donnerait qu'un bref aperçu de mon ressenti alors je vais essayer de développer un peu.

Je suis sortie de cette lecture subjuguée et complètement bouleversée avec un seul mot en tête : Magnifique !

Pourtant l'histoire est loin d'être convaincante et il est assez facile de la qualifier de sentimentale au mauvais sens du terme, l'héroïne paraissant même par endroits un peu cruche. Et c'est là tout l'art de Stefan Zweig de transformer une lettre-confession presque puérile en une déclaration passionnée et prenante.

En quelques dizaines de pages, il raconte donc l'histoire d'une jeune fille, puis femme, amoureuse d'un écrivain grand séducteur, à travers les souvenirs qu'elle en a depuis ses treize ans. Elle lui écrit comment elle l'a connu, l'a aimé de loin puis a tout fait pour le rencontrer vraiment, vivant au mépris des convenances et sans jamais rien lui demander en retour. Pour le lecteur, cette attitude paraît presque incompréhensible tant la narratrice semble ne pas avoir grandi ni mûri réellement en 16 ans de temps. Elle s'accroche à son amour d'enfant d'une manière quasi pathétique et j'ai eu par moments l'envie de la secouer et lui dire de regarder autour d'elle et de profiter de la vie.
Mais dans le même temps, Zweig parvient à la rendre extrêmement touchante et vraie. Et cette lettre, écrite alors qu'elle se meurt, prend tour à tour des accents enflammés ou pudiques,  des élans ardents puis désespérés et au final nous fait passer par tous les sentiments possibles et imaginables à travers un amour unilatéral presque fantasmé.

Et il faut toute la force, la justesse et la délicatesse de l'écriture de Zweig pour parvenir à rendre aussi bien le fond de l'âme et du cœur, qui plus est d''une jeune femme ; et à transcender une histoire aussi simple.

La chute qui ramène au destinataire de la lettre, laisse un goût amer comme si finalement celui qui est passé à côté de sa vie n'était pas celui que l'on croit.

Eu final, j'ai encore une fois succombé au style de Zweig et à son analyse si fine des sentiments et je vais continuer dans les mois prochains ma découverte de cet auteur que je vous conseille sincèrement.

Je vous invite à lire aussi l'avis des Livres de George que je trouve très pertinent.

PS : je n'ai pu résister à vous mettre la superbe couverture de Christian Lacroix de l'édition du Livre de Poche et remercie Nicolas pour me l'avoir montrée.

chronique-express

abc2016-logo
Demi-Prénoms