4e de couverture - éd. Folio (2€)
"Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle sans scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question..."

Austen-LadySusan

J'ai souvent lu dans des commentaires sur les romans de Jane Austen que ce serait formidable d'avoir un roman épistolaire écrit par elle ; ceci en raison de la beauté des lettres de Darcy ou du Capitaine Wentworth. Mais ce roman épistolaire existe : c'est Lady Susan.

Ce court opus dresse en quelques lettres le portrait d'une aventurière  qui, dans la société très convenable où elle évolue, semble prête à tout dans un but qu'elle n'avoue pas. On y retrouve les thèmes habituels de l'auteur dans un cadre nouveau et très intéressant.

L'intérêt de l'épistolaire dans ce livre est que les lettres échangées le sont entre divers protagonistes et donnent donc des points de vue différents sur l'intrigue. Ainsi quand Lady Susan se réjouit d'une chose, Mme Vernon (ou un autre) va dépeindre la même sous un jour beaucoup moins agréable. Et peu à peu l'on s'aperçoit que l'héroïne, non seulement ne suit pas vraiment les codes, mais en plus est manipulatrice et peut même se montrer méchante (avec sa fille par exemple).C'est cette découverte qui fait tout le sel de cette nouvelle.
En effet, comme elle est contée par petits bouts un peu épars, l'intrigue elle-même se trouve au second plan. Mais comme elle ne recèle que peu de surprises en-dehors de la toute fin, cela ne gâche pas la lecture du tout.
Le point qui m'a le plus frappé est le style. Car la grande différence avec les autres romans de l'auteur et encore plus avec les deux lettres citées ci-dessus est le ton employé. Sous le vernis d'échanges épistolaires, l'ironie affleure sans cesse et devient parfois caustique, et même mordante, davantage que dans tous les autres écrits que j'ai lus jusqu'ici. Ce qui donne à l'ensemble beaucoup de caractère et fait de cette nouvelle un petit bijou du genre.

Au final, mais vous l'aurez compris, j'ai énormément aimé ce livre, ne regrettant qu'une chose : la rapidité d'explications de la fin, car j'en aurai bien pris un peu plus.

chronique-express

abc2016-logo
Demi-Classiques lettre A