Résumé du tome 1
"1761. Nicolas Le Floch, fils illégitime du marquis de Ranreuil et élevé par un chanoine, quitte sa Bretagne natale pour Paris où il se met au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Nicolas prend vite du galon. Le voilà plongé dans une ténébreuse affaire.
Meurtres, vols, corruption : secondé par l'inspecteur Bourdeau, il dénouera peu à peu les fils de cette enquête, qui touche de près le roi et la Pompadour..."

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Je vous parlais au début de ce blog des séries littéraires parmi lesquelles je vous recommandais les aventures de Nicolas Le Floch. Depuis un certain nombre de nouveaux tomes sont parus et j'ai entrepris il y a quelques temps (en 2015 pour être précise) de les relire dans l'ordre depuis le début afin de mieux suivre non seulement les enquêtes mais aussi l'histoire personnelle de ce cher Nicolas.

Il est donc plus que temps pour moi de faire le point sur ce que j'apprécie dans cette série qui mêle magnifiquement roman policier et roman historique.

Pour faire simple, je pourrais dire que j'en aime tout. Mais ce ne serait pas rendre justice à l'auteur. Alors revue de détails :
- Le contexte historique est extrêmement soigné que ce soit par les descriptions du Paris de l'époque, des décors intérieurs et des costumes, dans le langage utilisé avec les tournures de phrases, certains termes spécifiques et autre vocabulaire d'époque ainsi que la mise en lumière de certaines coutumes et mœurs et de petits détails du quotidien ; sans parler des nombreuses recettes (on mange beaucoup et bien dans ces romans) qui donnent souvent l'eau à la bouche.
- Les personnages sont tous extrêmement fouillés et recèlent des secrets et des zones d'ombre sans jamais tombés dans la caricature. Ainsi Nicolas évolue sans cesse dans ces premiers tomes jusqu'à prendre une stature d'importance dans la société. Sartine est à la fois protecteur et cynique, un brin manipulateur mais très fin et intelligent. L'inspecteur Bourdeau sous ses dehors un peu bonhomme cache un bon sens et une loyauté infaillible quand M. de Noblecourt joue le rôle du sage au-dessus de la mêlée. Les éléments plus secondaires sont à l'avenant. A côté de ceux-ci, les personnages historiques tels que Louis XV, la Pompadour, les différents ministres ou le valet La Borde, sont bien rendus, proches de ce qu'on peut en lire dans les livres d'Histoire, tout en prenant vie sous nos yeux.
- Les intrigues et enquêtes sont toutes relativement complexes mais toujours bien construites et souvent passionnantes car elles mêlent adroitement le côté politico-historique avec les anecdotes plus personnelles, mais aussi quelques secrets d'état qui montrent les puissants sous un autre jour.
- Enfin, tout cela ne serait rien si le style adopté par Jean-François Parot n'avait pas juste ce qu'il faut de suranné pour nous plonger en plein XVIIIe siècle tout en gardant suffisamment de modernité et d'action pour que les pages tournent toutes seules.

Au final, c'est une série qui est devenu comme un refuge, un livre-doudou pour moi et je la conseille à tous ceux qui aiment l'histoire ou  les enquêtes sans le côté glauque du thriller.

Coup-de-coeur

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Tome 6 : Le sang des farines

1775 - De retour d'une mission en Autriche où il à fait d'étonnantes découvertes sur les atteintes portées au Secret du Roi, Nicolas Le Floch retrouve un Paris en colère où la guerre des farines fait rage.
Avec le soutien du Roi et l'aide de ses fidèles amis, il enquête sur la mort suspecte d'un boulanger qui l'amène bientôt à soupçonner un complot et des liens entre ces événements et ceux survenus à Vienne.

Ce tome est sans doute celui que j'aime le moins dans les 6 premiers.
Certes il reste très bon au niveau du contexte, de l'évolution des personnages et de leurs relations - en particulier avec le nouveau poste de Sartine et de la situation qui en découle pour Nicolas Le Floch - et de la mise en place du nouveau Roi, le jeune Louis XVI.
Cependant, j'ai plus de mal avec l'intrigue pour plusieurs raisons :
D'abord elle est non pas complexe mais alambiquée, voire labyrinthique, et pour le coup mélange tellement de données entre les complots contre la royauté, la montée d'une certaine bourgeoisie et les vengeances personnelles, qu'il est difficile d'en suivre tous les méandres… quand Nicolas ne tourne pas en rond. Même si, dans le même temps, elle offre une vision intéressante à quelques années de la Révolution qui semble déjà gronder.
Au cœur de cette enquête, un des personnages est particulièrement retors et on se demande souvent à quel jeu joue-t-il ? La vérité, si telle est bien ce que révéle la fin, le montre peut-être encore plus machiavélique et laisse une impression presque malsaine.
La fin justement m'apparait à chaque fois un peu rapide, et la démonstration de Nicolas semble légèrement tirée par les cheveux. Elle ne manque pas réellement de logique mais va chercher fort loin les tenants et les aboutissants… pour ne donner qu'une réponse partielle.

Au final, alors que le cercle d'intimes de Nicolas bouge un peu, que les choses évoluent dans sa vie donnant au lecteur l'envie d'en savoir davantage, l'enquête elle-même a tendance à piétiner pour aboutir d'une façon qui ne m'a pas convaincue ; ce qui fait que ce tome me laisse sur ma faim… Une seule solution : lire le suivant ;)

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Tome 7 : Le cadavre anglais

LeFloch7Je poursuis ma lecture dans l'ordre des aventures de Nicolas le Floch, policier aux affaires extraordinaires, maintenant aussi bien placé auprès de Louis XVI qu'il l'était avec son prédécesseur. Et j'ai trouvé cet opus bien meilleure.

Pourtant à la lecture du résumé, ce n'était pas gagné car encore une fois l'histoire mélange enquête pour meurtre et affaires d'Etat, sur un fond d'espionnage et de guerre contre les Anglais. Mais, là où le tome 6 était un peu tordu, ici la construction est plus resserrée et  Nicolas n'avance lentement qu'en raison des bâtons dans les roues que lui met Sartine avec qui le torchon brûle pour de bon. Le contexte historique et politique joue un rôle important, plus que dans les premiers tomes, et cela brouille les pistes mais Nicolas et Bourdeau restent centrés sur leur affaire et cela donne une intrigue bine ficelée sans que les à-côtés n'empiètent réellement.

A cela s'ajoute un côté personnel important - sa relation avec Aimée d'Arranet prend un nouveau tour tandis que la mère de son fils refait surface, accentuant son rôle de père.

Et bien entendu, on y retrouve tout ce que j'aime dans cette série - le ton et le style très XVIIIe, la précision historique ainsi que les détails du quotidien - ici sur l'horlogerie mais aussi la nourriture, la musique …  - et comme à chaque fois,  j'ai hâte de lire la suite.

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Tome 8 : Le noyé du Grand Canal

LeFloch8Une fois n'est pas coutume, j'ai envie aujourd'hui de commencer par une courte citation - qui ne vous dira rien de l'histoire c'est promis - mais situe parfaitement ce qu'est devenu Nicolas et son rôle au côté de la monarchie
"Il reprit sa voiture sans illusions, si toutefois tant d'années au service du trône autorisaient qu'il en conservât quelques-unes. Comme toujours l'enquêteur aux affaires extraordinaires serait seul, s'éclairant dans les ténèbres d'une lanterne sourde, méprisant les tentations d'abandon, résistant aux ordres impérieux ou insidieux sans tenter d'en décrypter les arrière-pensées contradictoires. Et pour finir le dénouement interviendrait dans le secret le plus absolu sans qu'en surface il en résultât nul remous. Et lui, comme toujours, se tairait." p.213

Ces quelques phrases résument à elles-seules cette enquête (et la précédente aussi d'ailleurs) dans laquelle de nombreuses intrigues se croisent toutes risquant plus ou moins de mettre en péril le souverain et son entourage. Ici c'est Marie-Antoinette, joueuse et un peu naïve - elle est encore très jeune - qui en fait les frais. Pour tout dire, c'est un des personnages historiques que j'aime le moins, voire qui ne m'intéresse pas vraiment, et j'ai trouvé que Nicolas comme Sartine ou Louis XVI sont beaucoup trop indulgents avec elle. Dans cette histoire, son ennui et ses différentes façons de le tromper sont la cause première des problèmes qui surviennent et le fait qu'au bout d'un certain temps, ils les dépassent largement n'a pas compensé mon agacement à son encontre.

La première partie est extrêmement complexe car les faits partent un peu dans tous les sens et semblent indépendants les uns des autres. Puis peu à peu les différentes histoires se rejoignent formant un réseau nettement plus intéressant à suivre, avec une véritable dimension politique et historique puisque Nicolas va même participer à une des batailles contre l'Angleterre.
La fin est un peu mi-figue, mi-raisin mais cette fois-ci le coupable n'en réchappe pas et la naissance de celle qu'on appellera plus tard Madame Royale fait taire pour un temps les médisances et séditions aperçues au cours du tome.
Il faut dire que bien que l'on soit en 1778, la France gronde déjà contre le pouvoir en place et Jean-François Parot le montre plutôt bien - tout en gardant un certain recul car son héros est au service du Roi et ne saurait s'y joindre - .

Enfin, comme toujours avec cette série, je me suis régalée avec le style, la langue employée et tous ces petits détails qui immergent totalement le lecteur dans l'époque

Pour conclure, ce tome est juste excellent ! Certes il met du temps à démarrer en raison de ses nombreuses ramifications, mais une fois tous les rouages en place, je suis restée complètement prise dans l'histoire et ai encore une fois apprécié ce subtil mélange d'enquêtes et de faits historiques dont je ne me lasse pas. Il est aussi toujours agréable de retrouver les différents personnages ainsi que les nombreuses références artistiques et philosophiques de l'époque. J'ai juste un peu regretté que, malgré les nombreux passages qui y sont consacrés la vie personnelle de Nicolas n'avance pas davantage alors que ses sentiments semblent de plus en plus assurés.

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Tome 9 : L' honneur de Sartine

LeFloch91780. La France, ralliée aux Insurgents américains, peine à financer la guerre contre l'Angleterre. Alors qu'il affronte la colère du peuple attisée par les caprices de la reine, Nicolas Le Floch est appelé à enquêter sur la mort suspecte d'un ancien contrôleur général de marine. Crime ou accident? Seule certitude : le roi s'intéresse de près à l'affaire. Un mauvais présage assurément.

Un excellent tome que celui-ci : l'enquête est plus resserrée que dans les précédents et se concentre autour d'un seul point. Nicolas est menacé et les différents fils de l'intrigue sont complexes, mais il va démêler l'écheveau d'une main de maitre et pour une fois il est assez facile de suivre les indices. Le contexte politique tant en France - Paris gronde encore - qu'à l'étranger avec la guerre contre les Anglais en Amérique continue à servir de toile de fond tout en jouant un rôle essentiel et il faut arriver à la fin de l'intrigue pour en comprendre le titre.
Jean-François Parot nous gratifie  aussi de nombreuses scènes de repas avec le détail des recettes qui mettent l'eau à la bouche et les soirées de M. de Noblecourt et les autres amis du commissaire. De nouvelles révélations (ou en tout cas des pistes) sur Nicolas apparaissent et sa vie privée bouge un peu, notamment du côté de son fils Louis. Toutefois,je me lasse de sa relation avec Aimée d'Arranet qui n'avance pas et attend encore une résolution de leur "un pas en avant, trois pas en arrière".
Cela n'empêche pas que je me suis encore une fois régalée et la suite m'attend déjà sur mes étagères.

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Tome 10 : L'enquête russe

LeFloch10"1782. La France et les Insurgents américains sont en passe de l’emporter sur l’Angleterre. Le tsarévitch Paul, sous le nom de comte du Nord, séjourne incognito à Paris, étape de son tour d’Europe. Versailles entend se concilier les faveurs de l’héritier de l’empire russe. Nicolas Le Floch reçoit mission de Sartine et de Vergennes de monter un subterfuge lui permettant de gagner la confiance du fils de Catherine II. Qui assassine au même moment le comte de Rovski, ancien favori de la tsarine, exilé à Paris ?
Au cours d’une enquête minutieuse, et tout en participant aux divers événements de la visite princière, Nicolas Le Floch et l’inspecteur Bourdeau vont avancer pas à pas, de surprise en surprise, dans les milieux parisiens du jeu, de la galanterie, du négoce et de l’espionnage."

J'ai tout autant aimé ce tome que le précédent. D'abord pour l'enquête qui est particulièrement bien construite, enfin je devrais dire les enquêtes car il s'agit de plusieurs meurtres liés à la politique internationale et en particulier au règlemet du conflit entre les Américains et les Anglais dans lequel les Russes aimeraient bien s'immiscer , ce qui ajoute une bonne dose d'espionnage pour pimenter le tout.
Mais Jean-François Parot prend encore plus le temps sur les moments hors enquête et égrènent de nouveau les dîners dnas les tavernes, soupers et soirées chez M. de Noblecourt avec leurs lots de réflexions et de bons mots - il m'a semblé que le niveau de langage était encore plus élevé que dans les précédents et j'ai adoré ça - mais aussi les moments passés à la Cour que ce soit à Versailles et au Trianon ou dans les promenades et sorties avec des descriptions toujours aussi vivantes.
Cependant dans ce tome, Nicolas est parfois appelé à mettre en œuvre certains dispositifs qu'il réprouve ou à côtoyer le pire de la noblesse ; et l'auteur montre à plusieurs reprises son malaise le laissant broyer du noir ou s'emporter plus que d'habitude. On sent que notre commissaire aurait besoin de changer d'air mais aussi qu'il prend conscience des changements qui commencent à se tramer dans la société. Mais cela a donné un côté un peu triste à ce tome que j'ai regretté ; tout comme sa relation avec Aimée d'Arranet qui continue à stagner (et là j'avoue m'en lasser un peu).
Malgré tout, ce tome est un excellent opus dans la série qui n'essouffle pas et je suis ravie de me dire qu'il m'en reste encore quelques-uns à lire avant de quitter Nicolas.

Lu en janvier 2020 dans le cadre des challenges

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