"Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla..."

Carmilla

Si vous avez parcouru ce blog, vous connaissez mon attrait pour la littérature fantastique du XIXe siècle ainsi que pour les vampires, cependant je n'avais encore jamais lu Sheridan Le Fanu. Erreur réparée avec ce court opus tout à fait fascinant.

L'histoire, vue depuis notre XXIe siècle, paraît très classique : un château au milieu de nulle part, une jeune héroïne solitaire sous l'emprise d'une femme aussi belle qu'étrange et de petits faits qui viennent peu à peu semer le trouble dans l'esprit du lecteur jusqu'au dénouement final.
J'ai trouvé que la tension était bien gérée sur la centaine de pages et le malaise s'insinue lentement mais sûrement au fur et à mesure de l'intrigue.
Le style n'a pas le flamboiement ni le lyrisme d'un Dumas dans La Dame Pâle mais il semble que Le Fanu a volontairement exagérée certaines maladresses pour être plus proches de l'écriture de la narratrice. En effet, c'est la jeune fille elle-même qui nous raconte son histoire et, en donnant une vision tronquée, en accentue le fantastique et l'impression d'étrangeté. Elle nous montre aussi sans doute mieux ses frayeurs et ses émotions qu'un narrateur extérieur.
J'ai donc énormément aimé cette nouvelle dont Bram Stocker s'est inspiré pour son Dracula, et j'ai presque regretté qu'elle soit si courte.

Je terminerai en soulignant ce commentaire que j'ai souvent vu (y compris sur le livre lui-même) comme quoi, ce serait une métaphore de l'amour interdit. Je ne l'ai absolument pas lu sous cet angle et je trouve dommage d'aiguiller ainsi le lecteur dans le laisser apprécier le romantisme noir et le suspense qui, à mon avis, caractérise davantage ce livre.

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