Tome 1 : Prudence

4e de couverture - éd. Le Livre de Poche (Orbit)
"Au nom de la reine, de l’Angleterre et de la parfaite théière.
Quand Prudence Alessandra Maccon Akeldama – surnommée Rue dans l’intimité – hérite d’un dirigeable, elle fait ce que ferait n’importe quelle jeune femme dans des circonstances similaires, elle le baptise : La Coccinelle à la crème. Et elle s’envole pour l’Inde. Là-bas, elle tombe au beau milieu d’un complot mené par des dissidents locaux, du kidnapping d’une femme de brigadier et d’une famille de loups-garous écossais qu’elle ne connaît, hélas, que trop bien. Devant tous ces dangers, Rue devra s’en remettre à sa bonne éducation et, bien sûr, à ses aptitudes surnaturelles pour s’en sortir..."

Protocole1-Prudence

Je ne parviens pas à me résoudre à quitter complètement l'univers de Gail Carriger. Entre les quasi coups de cœur pour les derniers tomes de la série du Protectorat de l'Ombrelle et les gourmandises un peu simples du Pensionnat de Melle Géraldine, pourquoi devoir se priver d'un bon moment sans prise de tête avec ce style légèrement suranné que j'adore ?
Aussi quand a été annoncé la série mettant en scène la fille d'Alexia et de Lord Maccon son loup-garou de mari, je n'ai pas résisté une seconde à me la procurer. Pourtant j'ai pris mon temps pour lire ce premier tome… attendant le bon moment.

C'est donc à l'automne dernier que je me suis lancée (oui j'attendais le tome 2 pour publier la chronique) et ce fut une lecture plutôt mitigée. Voici pourquoi :

De prime abord j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, ma lecture du tome 5 où la meute de Londres est un peu bouleversée remontait à loin, j'avais oublié nombre de détails qui n'étaient pas vraiment rappelés ici. De plus il s'est écoulé près de vingt ans entre les deux et les personnages ont pas mal changé malgré leur longévité. Bref, il fallait que je me remémore tout cela pour m'y retrouver.

La deuxième chose fut une différence sensible de ton - j'ai même pris le temps de vérifier que la traductrice était toujours la même - beaucoup plus léger, moins raffiné et je n'ai pas retrouvé l'humour un peu caustique de la première série. Là il m'a vraiment manqué le petit plus que j'associe à Gail Carriger.

J'ai surtout eu beaucoup de mal avec le personnage principal - Prudence Alessandra Maccon Akeldama - C'est encore une petite fille assez obstinée quand on la quitte et visiblement, elle continue à n'en faire qu'à sa tête sur bien des points. Malgré tout, comme elle a eu une bonne éducation, elle peut se montrer très responsable que ce soit comme capitaine de son dirigeable, La Coccinelle à la crème ou de ses occupants ; mais aussi du bien-être des autres comme ses parents et ceux qu'elle peut rencontrer. Cependant à côté de cela, et malgré ses 20 ans, elle peut se comporter comme une adolescente de 15 ans actuelle, excitée pour un rien, agissant de manière très impulsive sans trop réfléchir aux conséquences ; ce qui a tendance à compliquer un peu inutilement l'intrigue.
Heureusement pour elle, elle peut aussi compter sur ses amis les jumeaux Tunstell (déjà présents dans le 5 du Protectorat) : Percy, le savant - et son chat - et Primrose, véritable victime de la mode mais organisatrice hors pair et qui garde la tête sur les épaules ; ainsi qu'un nouveau venu (ou presque) Quesnel Lefoux (ne me demandez pas d'où vient ce prénom, j'ai beaucoup ri en le découvrant) (et oui c'est le fils de Geneviève Lefoux) qui en plus d'être un ingénieur et inventeur déjà chevronné, traîne une réputation de séducteur avéré. Mais il a un penchant plus que prononcé pour Prudence et serait prêt à tout pour la sortir d'un mauvais pas.

Ce qui m'amène à l'intrigue, celle-ci a le mérite de nous faire voyager et de partir pour l'Inde, joyau de l'Empire Britannique et ses trésors, son thé… Que ce soit le voyage en lui-même ou les aventures qui vont mener les héros au cœur de la forêt, l'ensemble m'est apparu assez confus, voire par endroits un peu tortueux avec des dessous politiques (évidemment concernant les "nocturnes" je cite) qui manquaient souvent d'explications - ah ! les non-dits et les conversations à demi-mots des anglais -. De nombreux petits détails m'ont chiffonnée et j'ai trouvé le dénouement un peu tiré par les cheveux. Cependant il faut noter le retour du Professeur Lyall (j'adore ce personnage, je voudrais une histoire rien que pour lui) et de la meute de Kingair, l'apparition de nouvelles espèces de vampires et de garous dont une lionne plus qu'envoûtante qui va s'attacher à notre petite troupe, ce qui redonne un peu d'intérêt à l'histoire.

Au final, je m'aperçois que même si j'étais à la limite de la déception à la fin de ma lecture, plusieurs mois après j'en garde un souvenir moins négatif. Ce tome est certes en-dessous de ce qu'a produit l'auteur auparavant en particulier en raison du style moins travaillé et de personnages trop immatures. Mais c'est un bon tome d'entrée en matière vers une nouvelle ère.

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Tome 2 : Imprudence

4e de couverture - éd. Le Livre de Poche (Orbit)
"Rue et l'équipage du dirigeable La Coccinelle à la crème sont de retour d'Inde avec des révélations propres à secouer les fondements de la communauté scientifique britannique. La Reine Victoria a de quoi être agacée : les vampires sont à fleur de peau, et quelque chose ne va pas du côté de la meute de loups-garous locale. Pour couronner le tout, la meilleure amie de Rue, Primrose, persiste à se fiancer à un militaire peu recommandable.
Mais Rue a également des problèmes personnels. Son père vampire est en colère, son père loup-garou est fou, et sa tapageuse mère est tout à la fois. Mais, le pire, c’est que Rue commence à comprendre ce qui se passe vraiment… ils ont peur."

Protocole2-Imprudence

Après mon avis assez mitigé sur le premier tome, j'hésitais à lire ce deuxième mais je l'avais déjà acheté et pour me motiver je l'ai mis dans mon challenge ABC. Et contrairement au précédent, j'ai adoré de bout en bout !

D'abord on revient à Londres et nous retrouvons tous les personnages du Protectorat de l'Ombrelle : Alexia Tarabotti et son cher époux Lord Maccon, le vampire le plus précieux Lord Akeldama et ses drones, la meute au complet, la Reine Victoria (comment s'en passer ?) et bien entendu, nos héros de retour des Indes avec une Prudence qui a mûri et ressemble enfin à une jeune femme responsable - et heureusement vu ce qui l'attend.

Le style aussi retrouve tout ce qui me plaisait dans Le Protectorat de l'Ombrelle : raffiné, un peu suranné, avec beaucoup d'humour et de verve.

Et surtout l'intrigue est excellente : elle commence sur les chapeaux de roue avec des problèmes entre la meute et les drones ; continue avec les conséquences pour Prudence de ses actions en Inde mais aussi du fait qu'ayant atteint sa majorité, elle n'est plus protégée comme auparavant ; et culmine avec un problème personnel qui touche Lord Maccon et va conduire tout ce beau monde en Egypte. La boucle semble bouclée. Malgré cela, ce tome recèle son lot de révélations sur l'univers, d'aventures et de rebondissements ainsi qu'une chouette romance, menée d'une manière très drôle, le tout couronné par une fin très émouvante.

Au final, cet opus est un vrai délice, au même niveau que la série qu'elle suit et je me suis éclatée à le lire. Il offre une belle conclusion à l'univers, tout en laissant la porte ouverte à de nouvelles aventures qui j'espère verront le jour, si elles gardent autant de saveur.

abc2018

6/ 13 - Lettre C