4e de couverture - éd. 10/18 (Grands Détectives)
"Après avoir hébergé quelque temps Thibaut, un lointain cousin peu scrupuleux - il les quittera en "empruntant" une paire de flambeaux d'argent -, Justine et Florent Bonnevy s'apprêtent à recevoir son frère, Matthieu, qui vient de fuir son emploi de précepteur. Plein d'illusions, Matthieu pense pouvoir remettre Thibaut dans le droit chemin et ne rester que peu de temps à la charge de ses cousins. Dans ce nouveau roman, Dominique Muller nous fait croiser le banquier Law, "le sauveur des finances", nous emmène dans la Compagnie d'Occident qui commerce avec le Canada et la Louisiane et nous décrit cette époque où les fêtes sont somptueuses et le libertinage chose courante."

sauve-du-mal

J'ai retrouvé ce roman en mettant ma bibliothèque à jour il y a quelques temps. Je ne savais plus du tout qu'il était là, j'étais certaine de ne l'avoir jamais lu et l'ai tout de suite ajouté à ma pile à lire en me disant qu'il était parfait pour le challenge Grands Détectives 10/18. Le hasard a fait que le mot POUR est sorti pour le challenge Un mot, des titres. Je n'ai donc pas hésité à faire un doublé avec ce petit policier d'abord plutôt sympathique.Malheureusement, ce n'est pas vraiment une réussite et je suis ressortie avec un avis très mitigé sur ma lecture.

Le souci tient à deux éléments pourtant essentiels du genre
- d'abord la construction de l'enquête elle-même. Après un exposé historique - sorte de préface/prologue - intéressant certes mais pas indispensable, l'auteur commence par introduire une série de personnages plus ou moins liés entre eux mais en passant de l'un à l'autre sur près d'un quart du livre… avant même que l'intrigue ne commence. J'ai trouvé cela un peu lourd et manquant d'allant. A partir du moment où le crime est découvert, les choses s'accélèrent mais du coup le lecteur a aussi l'impression de courir avec Sauve-du-Mal - médecin qui a ses heures perdues (qu'il n'a pas vraiment) joue les détectives par ce qu'il croie à la justice - qui va d'un bout à l'autre de Paris et Versailles, rencontre dix fois les mêmes personnes et découvre un imbroglio à peine vraisemblable qui le dépasse largement (pour le coup le titre est totalement justifié) mais pas le coupable qui va se dévoiler d'un seul coup donnant une fin un peu abrupte (avant un épilogue longuet).
- la deuxième chose est le style et le contexte historique. Il est évident à la lecture que l'auteur possède parfaitement son sujet et connaît bien l'époque de la Régence ainsi que les aspects politico-financiers qui s'y rattachent. Cependant il peine à les rendre vivants. Les descriptions manquent de souffle, de petits détails et n'immergent pas complètement le lecteur dans les décors qui pourraient être somptueux. Les dialogues sont travaillés mais ne coulent pas naturellement et la langue n'a pas la saveur qu'un Jean-François Parot parvient à donner dans sa série par exemple, alors qu'on est en plein XVIIIe. Il n'y a pas non plus beaucoup de différences de langage entre les différentes classes sociales. Enfin, les données historiques sont très emmêlées et auraient gagné à être exploitées d'une façon peut-être plus simple ou plus directe pour prendre toute leur valeur.

Dans tout cela, je n'ai pas retenu grand-chose des nombreux personnages, y compris de Sauve-du-Mal qui m'est apparu comme s'occupant d'affaires qui ne le regardait finalement pas. Il semble plus ou moins précurseur dans son siècle mais on n'en sait pas suffisamment dans ce tome pour le voir réellement à l'œuvre.

Au final, ce roman est un policier historique sympathique, qui a le mérite d'exploiter une époque peu vue dans la littérature (du moins à ma connaissance). Mais l'ensemble a un côté brouillon et rapide qui fait que je n'en garderai que peu de souvenirs, ce qui ne me donne pas envie de lire une autre aventure du héros.

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Session 58 POUR