Cette semaine et plus particulièrement ce vendredi 8 mars 2019, la planète classique commémore les 150 ans de la mort d'Hector Berlioz. Après le centenaire Debussy que j'ai un peu évoqué, celui de Bernstein que j'ai complètement zappé ici alors que j'ai passé mon été dernier avec ce compositeur, il m'était impossible de passer sous silence cet anniversaire, d'autant plus que Berlioz est un compositeur que j'apprécie énormément et qui m'inspire (enfin j'espère que j'irai au bout de ce que je voudrais vous dire).

Mais qui est Berlioz ?

Berlioz1

Né en 1803 à La Côté Saint-André en Isère, ce fils de médecin qui monté à Paris pour "faire médecine" et à la place passe sa vie à la Bibliothèque du Conservatoire à lire des partitions avant d'y entrer comme élève de composition chez Lesueur, est LE grand représentant du romantisme musical français.
Lui qui va côtoyer  tous les grands noms de l'époque : Victor Hugo, Lamartine (mort 8 jours avant lui), Eugène Delacroix, mais aussi Stendhal, Frédéric Chopin, Franz Liszt, fait donc partie de cette génération née sous la Révolution et le Premier Empire, qui va exploser artistiquement autour de 1830 et de la Révolution de Juillet, qui au passage lui inspirera son arrangement de La Marseillaise (écoutez en particulier les couplets 5 à 7- à partir de 5'00).

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Mais Berlioz pour moi c'est d'abord et avant tout celui qui a composé la génialissime Symphonie Fantastique dont j'ai l'intention de vous reparler tout au long de l'année et le quasi inventeur de la musique symphonique à programme. Car c'est sans doute ce qui fait que j'apprécie tant ce grand musicien : il aime les "belles lettres". Que ce soit les poètes de son temps - Gautier entre autres -, Shakespeare, Goethe ou la mythologie grecque, tous vont l'inspirer  dans sa musique et parfois aussi dans sa  vie qui est un véritable roman (qu'il écrira d'ailleurs sous forme de Mémoires). Sans cesse son œuvre se réfère à d'autres et vous savez comme j'aime ses croisements et correspondances entre la littérature et la musique.


J'évoquais rapidement Les  Nuits d'été dans un autre article,
en voici un extrait avec le poème de Gautier

Berlioz comme vous pouvez l'entendre était un incroyable orchestrateur et son Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernes (1843) reste une référence pour les apprentis compositeurs.
Ayant du mal à être reconnu en France (nul n'est prophète en son pays), il se fit aussi critique musical avec une plume pleine de verve, assez souvent acerbe mais non dénuée d'humour et qui vaut le détour. Ses écrits furent publiés de son vivant sous les titres Les Soirées de l'orchestre et Les Grotesques de la musique entre autres.

Au final, Berlioz fut un artiste complet : il composa et dirigea sa musique, il écouta et écrivit sur celles des autres. Et si sa vie privée fut mouvementée et ne le rendit pas heureux, il la transcenda dans son œuvre et ne vécut que de l'art, par l'art et pour l'amour : un vrai romantique , et c'est aussi pour cela que je l'aime !


Harold en Italie, Scènes de mélancolie, de bonheur et de joie.
Tout est dit ;)

Pour en savoir plus, je vous invite à circuler sur cette page de France Musique qui a consacré une bonne partie de ses émissions de la semaine à cet anniversaire (qui ne fait que commencer).