4e de couverture - éd. Robert Laffont
" Entre 1933 et 1949, des salles de bal de Buffalo aux chambres du Parlement anglais, de la bataille de Normandie au terrible Blitz, L'Hiver du monde entraîne le lecteur dans le tourbillon de la Seconde Guerre mondiale.

Dans La Chute des géants, cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – se sont croisées, aimées et déchirées au rythme de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe. À l'aube des grands bouleversements politiques, sociaux et économiques de la seconde moitié du XXe siècle, ce sont désormais leurs enfants qui ont rendez-vous avec l'Histoire.
Pouvant se lire indépendamment du premier tome, L'Hiver du monde raconte la vie de ces êtres au destin enchevêtré pour qui l'accession au pouvoir du IIIe Reich et les grands drames de la Seconde Guerre Mondiale changeront le cours de leur vie pour le meilleur comme pour le pire. "

LeSiecle2

Après le coup de cœur du tome 1 La chute des géants, cette histoire continuait à me hanter et je me suis dit que le meilleur moyen de régler cela était de lire la suite. Ce que j'ai donc fait mais j'ai eu plus de mal à mettre des mots sur mon ressenti qui était davantage au fil des pages que global. Je vais quand même essayer de faire un point car depuis j'ai aussi lu le troisième et dernier. Mais avant tout il faut que je vous dise que j'ai autant aimé ce deuxième opus qui est donc aussi un

Coup-de-coeur

Au niveau de l'intrigue j'ai particulièrement apprécié les premières parties avant la guerre qui ont l'intérêt principal de montrer la montée des tensions de tous les côtés. D'abord en Allemagne avec la prise de pouvoir d'Hitler, l'incendie du Reichstag et les conséquences immédiates sur les personnages - dont Maud et Walter toujours aussi engagés mais aussi les anglais qui étaient présents - et toutes les réflexions sous-jacentes sur la Liberté. Dans le même temps aux USA à Buffalo, les fêtes s'enchainent chez les riches, les Peshkov et les Dewar, tandis que le président Roosevelt tente de faire passer son New Deal et qu'on empêche toute tentative de grève ou de blocage dans certaines usines.
Un peu plus tard en Espagne pendant la Guerre civile, Follett montre les luttes intestines des diverses gauches avec les Russes qui veulent tout régenter et comment ils pourraient bien par là même avoir très involotairement aidé Franco à gagner ; et dans le même temps les manifestations fascistes et anti-fascistes en Grande-Bretagne. Je n'avais jamais eu conscience auparavant qu'il y avait eu tant de factions pro-Hitler y compris jusque dans le gouvernement britannique ou les gens haut placés à Londres et même aux USA tant la peur du communisme est déjà grande. Cela aide à comprendre comment Hitler a pu faire ce qu'il voulait jusqu'en 1939.

Dans les parties qui se déroulent pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce qui m'a le plus frappé est l'écriture qui devient plus âpre, plus accrocheuse montrant vraiment la violence de cette époque si sombre et pourtant sans jamais tomber dans le pathos ou le voyeurisme.
Et les personnages de la jeune génération qui s'engagent eux aussi pas tous du même côté d'ailleurs ce qui permet encore une fois un aperçu global, mais qui veulent malgré tout continuer à vivre. Alors comme me l'a fait remarqué une copinaute, on a l'impression qu'il y a plus de scènes de sexe que dans le tome précédent mais j'avoue que ça ne m'a pas marqué. Dans le contexte, j'ai surtout eu l'impression qu'il y avait urgence à vivre pleinement, y compris physiquement mais les descriptions restent très légères. J'étais plus révoltée par les scènes de viol. Sinon, J'ai particulièrement apprécié Carla von Ulrich avec sa générosité,  et Lloyd Williams qui se bat malgré ses doutes ; j'ai eu plus de mal avec Gus Dewar qui semble davantage se laisser porter par les événements. Quand aux Russes ils m'ont beaucoup moins marqués individuellement.
Du côté des faits historiques, j'ai trouvé passionnant de vivre l'attaque de Pearl Harbor en étant sur place, à terre ; c'était aussi passablement effrayant tant Follett parvient à immerger son lecteur dans l'action. Et puisque je parlais des Russes au-dessus, j'ai aimé suivre les décisions de Staline et les jeux de pouvoir incessant au sein des communistes.

D'ailleurs cela continue après le 8 mai 1945, car la guerre n'est pas tout à fait terminée pour les Etats-Unis et la course à l'arme nucléaire déjà commencé avant va s'accentuer à ce moment-là. Du coup, c'est le côté espionnage et politique qui prend le dessus de l'intrigue et on voit déjà se dessiner les deux blocs qui vont s'affronter par la suite. La reconstruction, en particulier en Grande-Bretagne et à Berlin, est aussi particulièrement bien rendue et la fin entre le pont aérien de Berlin et la bombe atomique russe est ne laisse guère d'espoir pour la suite, contrairement à celle du premier tome.

Au final, si ce tome est moins surprenant par sa construction que le premier, il est tout aussi prenant et fort en particulier parce que l'époque évoquée est très bien restituée par la plume de Follett qui sait en montrer toute la rudesse mais aussi l'incroyable courage des hommes et des femmes qui se sont battues à ce moment-là sans perdre espoir. Et encore une fois le mélange entre Histoire, familles, espionnage et politique forme un tout dans lequel on se laisse emporter et j'ai dévoré ce roman la boule au ventre pour tous les personnages, tout en étant totalement captivée par ma lecture. Dur, mais du plaisir à l'état pur !