4e de couverture - éd. J'ai Lu
"Grandir au côté de quatre sœurs n’a pas été facile pour la maladroite Mary Bennet, amoureuse invétérée des livres. Alors que toutes sont établies ou presque, Mary vit encore dans la demeure familiale, où sa mère n’a de cesse de lui répéter qu’elle finira vieille fille. Lorsque son aînée Lydia et son fiancé sont au cœur d’un nouveau scandale, qui met à mal l’image de la famille Bennet, Mary est éloignée à High Tor, chez Jane et son époux Mr. Bingley. Auprès du couple, elle rencontre l’élégant Henry Walsh, qui l’étourdit aussitôt. Serait-ce de l’attirance qu’elle éprouve pour ce séduisant gentleman ?"

quete-mary-bennet

Je continue ma découverte des histoires écrites autour des romans de Jane Austen, appelées austeneries avec un roman qui met de nouveau en scène Mary Bennet, la sœur du milieu, et qui est assez différent de  la vision de Colleen McCullough que j'ai lu il y a quelques temps ; même si ils ont en commun de montrer un futur possible de toutes les filles Bennet et le fait que Lydia (encore une fois) est à l'origine d'une partie des problèmes qui font l'intrigue.

Mary est donc la troisième des sœurs Bennet coincée entre les deux ainées plutôt jolies et intelligentes et les deux benjamines toutes fofolles ; elle n'aime pas danser ni flirter et préfère lire ou travailler son piano, elle est plus insignifiante physiquement et tout s'annonce pour qu'elle devienne vieille fille et s'occupe de ses vieux parents. Mais pourquoi n'aurait-elle pas le droit elle aussi à trouver l'homme de sa vie ?

Dès le début j'ai apprécié la narration qui nous plonge dans la tête de l'héroïne, donnant parfois des réflexions assez drôles entre ce qui est fait ou dit et ce qu'elle en pense réellement.
J'ai aussi aimé dans cette première partie que les caractères des personnages originaux soient plutôt respectés, de même que le style avec des dialogues piquants, une bonne dose d'ironie et d'observation de la société. J'ai quand même regretté (en tout cas dans la traduction) quelques phrases moins travaillées qui avaient l'air décalé par rapport à l'ensemble.

Au niveau de l'intrigue, Pamela Mingle garde une partie du temps les codes austeniens jusqu'à deux événements - une demande en mariage formulée de manière étrange, et la naissance de l'enfant de Lydia - qui sans être incroyables sont traités de manière trop éloignée de l'original et par dessus tout vont faire changer notre héroïne d'une manière beaucoup trop radicale à mon goût - elle se découvre un soi-disant instinct maternel fort peu convaincant ni conforme à ce qu'elle est auparavant - ce qui va en plus transformer son comportement.
A partir de là, on tombe dans une histoire plus romanesque certes agréable à lire mais un peu décevante au regard du potentiel de départ, même si la fin ne déroge pas à la règle, y compris pour Kitty la benjamine qui tient une place non négligeable dans ce roman.

Au final, c'est une relativement bonne austenerie même si on s'éloigne pas mal de l'original au fur et à mesure du livre. Et je suis contente d'avoir découvert ce roman dont je garderai un bon souvenir parce que Mary mérite largement sa part de bonheur.

Objectif-mois-logo